Djibouti : entre l’opposition et le pouvoir, le dialogue est rompu

Par Jeune Afrique

Ali Guelleh, le chef de cabinet du président, chargé en janvier de négocier avec l'USN. © DR

Des élus d'opposition qui refusent de siéger à l'Assemblée, un président qui leur tend la main, puis réprime leurs manifestations... Au secours, le dialogue est en panne !

Depuis les législatives du 22 février 2013, la vie politique peine à retrouver sa sérénité. Bien que l’élection ait été jugée honnête et transparente par les observateurs étrangers, ses résultats ont été contestés par l’Union pour le salut national (USN), la coalition d’opposition.

Les 35,5 % de suffrages obtenus par cette dernière ne lui ont permis de remporter que 10 sièges à l’Assemblée nationale, contre 55 au profit de l’Union pour la majorité présidentielle (61 % des voix). Un décalage qui tient au choix du mode de scrutin, majoritaire avec une dose de proportionnelle, mais qui a provoqué la colère de l’USN, dont les élus refusent de siéger. Ce qui, jusqu’à présent, n’a pas empêché l’institution de fonctionner, dans un climat politique néanmoins tendu.

Manifestations interdites

Deux élus de l’opposition ont fini par rejoindre l’Assemblée, et le président Ismaïl Omar Guelleh continue de tendre la main à ses adversaires. En janvier, il a chargé Ali Guelleh, son chef de cabinet, d’ouvrir les négociations avec l’USN, représentée par le syndicaliste Adan Mohamed Abdou.

Les deux parties étaient parvenues à un accord prévoyant la libération de deux chefs religieux, Abderrahmane God et Abderrahmane Bachir, condamnés à cinq ans de prison pour appel au jihad. Mais des dissensions au sein de l’USN ont empêché la signature de l’accord.

Jusque-là tolérées, les manifestations de l’USN sont, depuis, interdites. "L’opposition ne maîtrise pas ses troupes, et chacun de ses rassemblements se transforme en tentative de pillage, de destruction de biens publics et privés", justifie l’entourage du président de la République.

De son côté, l’opposition crie à la répression, et ses leaders sont régulièrement interpellés. Ces crispations ont néanmoins été reléguées au second plan depuis l’attentat contre La Chaumière. Le temps pour le pays de faire son deuil.

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