Politique économique

RDC : l’Assemblée nationale adopte le budget 2018 sur fond d’inquiétude quant au financement des élections

Aubin Minaku Ndjalandjoko (Congo - RDC), président de l'Assemblée Nationale et secrétaire général de la Majorité Présidentielle. © Vincent Fournier/JA

L'Assemblée nationale a adopté la loi de finances 2018, avec un montant en dollars en baisse de 35 %, dans un contexte d'inquiétude sur le financement des élections. Pour la Banque mondiale, la situation politique va continuer à peser sur la croissance, même si le cadre macroéconomique commence timidement à se stabiliser.

La loi de finances pour l’exercice 2018 atteint 10 313,3 milliards de francs congolais – environ 5 milliards de dollars – contre 11 524,5 milliards l’année précédente, soit une baisse de 10,5 % en monnaie nationale. En dollars, la réduction du budget atteint 35 % en raison de la forte dévaluation du franc congolais au cours des deux dernières années. Le budget était de 7,7 milliards $ en 2017 et 6 milliards $ en 2016, d’après le communiqué de la présidence.

Inquiétudes sur le financement des élections

La loi de finances alloue 912,2 milliards de francs congolais (500 millions $), soit environ 9 % du total, aux opérations électorales. Une étude de l’International Crisis Group sur la RDC publiée le 4 décembre s’inquiète des sommes allouées au financement des élections : « On ne sait pas encore s’il [le gouvernement] déboursera ce montant dans les temps. Dans le cas contraire, ceci ne ferait que renforcer la pression sur les bailleurs de fonds peu enthousiaste,s puisqu’aucun d’entre eux ne souhaiterait être associé à ce qui pourrait s’avérer être un processus inéquitable et non crédible. »

Un budget général de 4,3 milliards $

Reposant sur une hypothèse de croissance de 4,4 % en 2018, le budget général, directement contrôlé par le ministère des Finances, s’élève à 8 915,1 milliards de francs congolais (soit 4,3 milliards $), tandis que les budgets annexes et les budgets spéciaux atteignent respectivement 917,2 milliards de francs congolais et 481 milliards de francs congolais.

Le texte de loi doit encore être transmis au Sénat pour une seconde lecture, avant d’être promulgué par le président.

Moins de 3 % de croissance en 2016

D’après la Banque africaine de développement (BAD), le taux de croissance de la RDC a chuté de 6,9 % en 2015 à 2,5 % en 2016. Les réserves de change ont baissé, entraînant une dépréciation du franc congolais de 26 % en 2016, et une hausse de l’inflation à 11,6 %. Selon la Banque centrale du Congo (BCC), la situation a continué à se dégrader au cours de l’année 2017, avec une dépréciation mensuelle du franc congolais de 3,4 % entre janvier et juillet, et un taux d’inflation atteignant 52,2 % sur les dix premiers mois de l’année. La BCC estime la croissance sur l’année 2017 à 3,2 %.

Un début de stabilisation de la situation économique

Néanmoins, selon une source diplomatique, le cadre macroéconomique montre ses premiers signes de stabilisation, avec un environnement extérieur plus favorable, et notamment la hausse du prix du cobalt. Dans un environnement économique fortement dollarisé, ces entrées de devises viennent irriguer l’économie de la RDC et renflouer les finances publiques.

La valeur du franc congolais s’est stabilisée sur le marché des changes depuis août, tandis que l’inflation commence à ralentir. La BCC montre en effet que la dépréciation du franc congolais s’est atténuée sur le marché interbancaire, avec une baisse de seulement -0,1 % par mois face au dollar entre août et octobre 2017.

Dans le numéro d’Africa’s Pulse d’octobre 2017, la Banque mondiale estime cependant que la situation politique va continuer à peser sur la croissance, ces difficultés domestiques pouvant venir selon certains observateurs contrebalancer les améliorations sur le plan extérieur.

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