Côte d’Ivoire : près de 1000 militaires vont quitter l’armée

Une patrouille de militaires ivoiriens, en août 2012 près de Cocody. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

Sept mois après les dernières mutineries, le gouvernement ivoirien engage la réforme de l’armée ivoirienne, attendue depuis des années.

Devenu urgent depuis les mutineries d’anciens rebelles en janvier et mai dernier, le premier acte fort de la réforme de l’armée ivoirienne a été annoncé ce mercredi 6 décembre : 991 militaires ont volontairement accepté de partir à la retraite le 31 décembre prochain, a révélé Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement ivoirien, à l’issu du conseil des ministres.

Des départs qui ne sont ni une chasse aux sorcières ni un règlement de compte, liés aux derniers soubresauts dans l’armée, insistent les autorités. « Une cérémonie sera organisée en leur honneur », a ainsi expliqué Bruno Koné. Des per diem – dont le montant n’a pas été révélé – seront également remis aux partants. Il ne s’agit là que d’une première vague. D’ici à 2020, 4400 militaires devront ainsi faire valoir volontairement, leur droit à la retraite, à raison de 1100 soldats par an.

Une armée devenue pléthorique

Ce plan a pour vocation de réduire les dépenses de personnels et permettra, surtout, à garantir la pyramide des grades

Le gouvernement ivoirien entame ainsi un dégraissage de l’armée ivoirienne, une mesure indispensable selon plusieurs experts. Les effectifs militaires sont devenus pléthoriques après la crise. Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont en effet composées de la fusion entre les anciens Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire), restées loyales à Laurent Gbagbo, et les FAFN (Forces armées des forces nouvelles), issue de la rébellion qui a soutenue Alassane Ouattara. Autant d’hommes qui ne sont pas toujours bien formés et opérationnels. Plus de 90% du budget de l’armée est ainsi destiné à payer les salaires.

Une importante loi de programmation militaire pour les années 2016 à 2020 a ainsi été adoptée par le gouvernement ivoirien. Les effectifs de la grande muette doivent être ramenés à 40 000 hommes contre 41 620 actuellement, composés de 22 920 militaires et 18 700 gendarmes.

« Ce plan a pour vocation de réduire les dépenses de personnels et permettra de rajeunir les troupes et, surtout, à garantir la pyramide des grades. Des recrutements ne seront pas arrêtés pour autant », souffle une source proche du dossier. Sur la période 2016-2020, plus de 2254 milliards Francs CFA seront dépensés, à raison d’environ 800 milliards par an pour financer la loi de programmation militaire.

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