Discours attendu de Trump sur le statut de Jérusalem : « Une menace pour la stabilité régionale »

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président des États-Unis Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 15 février 2017. © Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Plusieurs dirigeants ont manifesté leur inquiétude face à l'annonce d'une déclaration potentiellement explosive de Donald Trump qui doit s'exprimer, mercredi, sur le statut de la ville de Jérusalem. Le président américain pourrait reconnaître Al Qods (« Jérusalem », en arabe) comme la capitale d'Israël.

La communauté internationale retient son souffle avant la déclaration de Donald Trump, programmée à 18h GMT ce mercredi.  Le président des États-Unis pourrait en effet être le premier chef d’État étasunien à reconnaître, mercredi, la ville de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il prévoit également d’annoncer le transfert à Jérusalem de l’ambassade des États-Unis, qui se trouve actuellement à Tel-Aviv. La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

Dénonciations et craintes de déstabilisation

Une décision dont les conséquences potentielles inquiètent les dirigeants de la région. Dès mardi, au cours d’une réunion de délégués des pays membres de la Ligue arabe au Caire, le secrétaire général de l’Autorité palestinienne, Ahmed Aboul Gheit, a affirmé que la décision américaine représentait une « menace (pour) la stabilité régionale » et « mettrait fin au rôle des États-Unis comme médiateur de confiance entre Palestiniens et Israéliens ». « Toutes les lignes rouges sont franchies », a renchérit le Hamas.

L’Iran, dont les relations avec les États-Unis se sont considérablement tendues depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, a assuré par la voix du président Hassan Rohani qu’elle « ne tolérera pas une violation des lieux saints musulmans », ajoutant que « les musulmans doivent être unis face à ce grand complot ».

La Jordanie, informée dès mardi par la Maison Blanche, a mis en garde Donald Trump contre « les conséquences graves » que cette décision pourrait avoir. Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi a prévenu son homologue américain que cette démarche risquait de « torpiller les efforts de paix (israélo-palestiniens) et entraîner la région vers l’escalade », un avertissement également repris par les diplomates syriens.

Mohammed VI et Erdogan montent au créneau

Des Palestiniens brûlent un drapeau américain et un drapeau israélien à Gaza, ce mercredi 6 décembre 2017. © Khalil Hamra/AP/SIPA

Pour le chef de la Ligue Arabe, Ahmed Abul Gheit, ce changement de cap de l’administration Trump sur la question de Jérusalem « ne servira pas la paix et la stabilité, au contraire cela nourrira le fanatisme et la violence ».

Même son de cloche du côté des alliés de Washington. Le roi Salmane d’Arabie saoudite, a mis en garde le locataire de la Maison Blanche contre une décision qui risque de provoquer « la colère des musulmans », Jérusalem abritant l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé mercredi une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères.


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Le roi du Maroc Mohammed VI, qui préside également le Comité Al Qods (Jérusalem en arabe NDLR), a émis une missive à l’adresse du président américain révélée par le site de la chaîne israélienne I24, puis diffusée par l’agence de presse marocaine, la MAP. Le souverain marocain y exprime sa « profonde préoccupation personnelle ainsi que la grande inquiétude ressentie par les États et les peuples arabes et musulmans. »

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson s’est également dit préoccupé par la situation. « Nous pensons que Jérusalem devrait, évidemment, faire partie d’une solution définitive (au conflit) entre Israéliens et Palestiniens, une solution négociée », a-t-il insisté en amont d’une réunion de l’OTAN. « Toutes les parties concernées doivent avoir à l’esprit la paix et la stabilité régionales », a réagi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le Pape François , qui s’était rendu à Jérusalem en 2014, s’est exprimé mercredi à l’occasion de son audience hebdomadaire : « Je ne peux taire ma profonde inquiétude », a déclaré le souverain pontife qui a adressée « un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU ».

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