Près d’une tonne d’ivoire africain saisie au Cambodge

Par Jeune Afrique avec AFP

Des défenses d'éléphants et des sculptures en ivoire sur le point d'être brûlées à Yaoundé, au Cameroun, le 19 avril 2016. © Andrew Harnik/AP/SIPA

La cargaison - importée par une société domiciliée au Mozambique -, venait de Côte d'Ivoire, mais ne faisait a priori qu'une étape au Cambodge, avant d'être convoyée vers une autre destination. Cela faisant un an que l'ivoire attendait dans un bateau immobilisé à Sihanoukville, principal port du Cambodge.

Les 279 morceaux de défense, qui pèsent au total 940 kg, ont été découverts par les autorités cambodgiennes dans un conteneur à l’intérieur du port commercial de Sihanoukville, dans le sud du pays. « Certaines des pièces d’ivoire étaient coupées en morceaux pour pouvoir être dissimulées au milieu d’une cargaison de bois », a précisé à l’AFP Lim Bun Heng, vice-procureur de la province de Preah Sihanouk, qui a annoncé la saisie ce mercredi 6 décembre.

Une cargaison en provenance de Côte d’Ivoire

Importée de Côte d’Ivoire par une société basée au Mozambique, la cargaison était « destinée à un pays tiers », a précisé le vice-procureur. Celui-ci n’a toutefois pas mis en cause la Chine, pourtant voisin du Cambodge et réputé pour sa grande consommation d’ivoire.

« Quand les conteneurs sont arrivés dans le port, nous avons identifié des objets suspects au scanner, a précisé Lim Bun Heng. Nous avons demandé au propriétaire de la compagnie d’ouvrir les conteneurs, mais personne ne s’est présenté. » Cette absence de réponse, conjuguée à la procédure administrative qui s’en est suivie, expliquent le délai d’ouverture du conteneur, arrivé en décembre 2016, selon le vice-procureur.

Une autre affaire similaire en décembre 2016

Cette importante saisie intervient après celle de décembre 2016, lorsque les autorités cambodgiennes avaient découvert 1,3 t d’ivoire dans une cargaison de bois venant du Mozambique, près de Phnom Penh. À l’époque, les autorités cambodgiennes avaient clairement indiqué que la cargaison était destinée à la Chine.

Lien avec le Mozambique, volume de la cargaison, mode de dissimulation de l’ivoire, au milieu d’une cargaison de poutres en bois… Les similitudes entre les deux saisies laissent penser au parquet cambodgien que les deux saisies pourraient être liées.

Toujours est-il qu’elles mettent en lumière le rôle clef du Cambodge dans un trafic lucratif, désastreux pour l’écologie, alimenté au premier chef par la demande chinoise. Ces dernières années, le Cambodge serait ainsi devenu une voie de passage majeure pour l’ivoire africain.

L’ivoire, dont le commerce est interdit, est apprécié pour sa beauté en Asie, plus spécifiquement en Chine, où des objets raffinés et des bijoux sont fabriqués.

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