Sénégal : « Sauvons Le Bastion », mobilisation pour une salle de concert en danger

Le beatmaker sénégalais Ibaaku en pleine performance au Bastion. © Jean-Baptiste Joire

Le gérant et programmateur du lieu organise un appel aux dons afin de pouvoir rénover cet espace culturel incontournable à Dakar.

La batteur mythique Tony Allen, l’Orchestra Baobab, la griotte mauritanienne Noura Mint Seymali ou encore le Deuf-Dieul de Thiès s’y sont produits. Et ce, dans le cadre d’un programme intitulé les Dakar Live Sessions. Depuis deux ans, Le Bastion, salle de concert située dans le quartier de Ouakam, à Dakar, fait la part belle aux workshops de haut vol, présentés en live, à la suite de résidences artistiques, sous les yeux d’un large public.

« Les Dakar Live Sessions sont l’occasion de permettre une rencontre entre des artistes internationaux et locaux pour la réalisation de formations musicales inédites dont le répertoire sort des sentiers battus », renseigne le producteur et activiste culturel Erwan Le Vigoureux, gérant et programmateur du lieu. « Nous proposons à ces artistes d’y lancer la première date de leur tournée internationale ou mettons en avant des musiciens sénégalais à l’actualité retentissante. Et ce, pour permettre leur circulation, d’où qu’ils viennent, sur le continent africain. »

Une levée de fonds de 15 000 euros

Mais pour ce lieu d’expérimentations musicales, l’heure est à la rénovation. Et pour cause, il y a deux ans, le Bastion, maison vieille de quarante ans à l’instar de toutes celles de la Cité Comico de Ouakam, voit son plafond s’effondrer. En septembre dernier, c’est un deuxième plafond qui s’écroule. Tant et si bien qu’Erwan Le Vigoureux est forcé de réhabiliter l’endroit afin d’assurer la sécurité des artistes et de son public.

Il a ainsi lancé un appel aux dons, « Sauvons Le Bastion, salle de concert et lieu unique à Dakar », via la plate-forme KissKissBankBank, pour obtenir la somme de 15 000 euros. Celle-ci permettra de mener des travaux d’ici février 2018. « Une fois la somme réunie, nous serons en mesure de lancer les travaux pour une durée de deux à trois mois afin de rouvrir l’espace avant la Biennale de Dakar, soit aux alentours d’avril 2018 », indique Erwan Le Vigoureux. En ce 6 décembre 2017, les fonds récoltés s’élèvent à près de 7000 euros.

 

 

De Tony Allen au Deuf-Dieul de Thiès

Il faut dire que Le Bastion peut compter sur des soutiens de poids pour appuyer sa campagne de financement. Citons le batteur nigérian Tony Allen, qui en avril 2017, s’y est notamment produit avec Cheikh Lo et Habib Faye, le musicien de jazz haïtien Jowee Omicil qui, en mai, a également mis le feu à l’endroit en compagnie de Raphael Ojo, batteur de Daara J Family.

Tout aussi concernés, l’accordéoniste français Fixi, complice du chanteur de reggae jamaïcain Winston McAnuff, le collectif lillois Afrique 3D ou encore le groupe Deuf-Dieul de Thiès. En pleine tournée européenne, ce dernier s’est engagé à apporter son soutien au Bastion, notamment en arborant des t-shirts à son effigie, à chacune de ses dates. Ceux qui étaient présents à leur concert au Musée du Quay Branly-Jacques Chirac de Paris, le 3 décembre dernier, peuvent en attester.

Ébullition culturelle dakaroise

Sans oublier des artistes locaux comme le groupe Sahad & The Nataal Patchwork, le beatmaker Ibaaku ou la styliste de renommée internationale Selly Raby Kane.

Outre la terrasse qui accueille la scène, le Bastion est agrémenté d’une salle de répétition, d’une boutique de vinyles et propose plusieurs chambres destinées au logement des artistes en résidence ou disponibles à la location.

Aussi, plus qu’une salle de concert, il est un lieu de passage culturel évolutif, où quelques expositions ont même déjà eu lieu. D’ailleurs, marqué par sa résidence au Bastion, Tony Allen a décidé de définitivement s’installer dans la capitale sénégalaise. C’est dire l’aura de l’endroit dont l’initiative innovante est en adéquation avec l’ébullition culturelle dakaroise.

Pour soutenir Le Bastion, c’est ICI.

 

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