Peste à Madagascar : le ministère de la Santé annonce la fin de l’épidémie

Par Jeune Afrique

Des volontaires de la Croix Rouge tentent d'alerter les villageois sur l'épidémie de peste, qui sévit sur l'île de Madagascar, le 16 octobre 2017. © Alexander Joe/AP/SIPA

Quatre mois après le début de l'épidémie de peste, le nombre de cas semble reculer. Le ministère de la Santé a annoncé la fin de la crise mais l'OMS appelle à la vigilance et plaide pour plus de financement pour améliorer la prévention.

L’épidémie de peste à Madagascar est en perte de vitesse mais le combat n’est pas encore gagné. « Une brusque augmentation de nombre de cas de peste pulmonaire a été constatée dans les grandes villes de Madagascar quelques jours après le début de la saison pesteuse, notamment à partir du 12 septembre 2017. Un mois plus tard, le ministère de la Santé publique contrôle cette flambée épidémique », explique le ministère dans un communiqué, annonçant « officiellement la fin de cette épidémie de peste pulmonaire urbaine ce 27 novembre 2017 ».

Propagation dans la capitale

Le nombre de nouveaux cas continue de baisser depuis plusieurs semaines, selon les données publiées par le ministère malgache de la Santé publique, qui recense 2348 cas au total, dont 202 mortels entre le 1er août et le 22 novembre.

« Le plus fort de la flambée est derrière nous, mais nous devons pouvoir continuer à détecter les cas et à intervenir jusqu’à la fin de la saison épidémique en avril 2018 », a estimé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Voilà trois décennie que l’île de Madagascar est sujette à des saisons pesteuses, généralement de septembre à avril, mais l’épidémie qui a débuté début août se distingue du fait de sa rapide propagation aux grandes zones urbaines, notamment dans la capitale Antananarivo, ce qui multiplie les chances de contamination par la bactérie.

Transmissible par la toux, la peste pulmonaire peut être fatale en seulement 24 à 72 heures chez l’homme. La forme bubonique est, elle, moins dangereuse.

Financement insuffisant

Pour tenter d’enrayer la flambée de la maladie, le gouvernement avait annoncé une série de mesures fin septembre, interdisant notamment les manifestations et réunions publiques dans la capitale. Certaines écoles et universités ont également fermé temporairement leurs portes le temps de procéder à des opérations de désinfection. Les mesures de dépistages ont été renforcées dans les aéroports et les ports pour éviter une propagation internationale du virus.

Il est tragique qu’une maladie qui est facile à traiter puisse menacer un pays tout entier

L’OMS a de son côté débloqué 1,3 millions d’euros de fonds d’urgence, livré 1,2 million de doses d’antibiotiques et formé, avec la Croix-Rouge, quelques centaines de volontaires pour la prévention et l’information de la population.

« Il est tragique qu’une maladie qui existe depuis le Moyen Âge et qui est facile à traiter puisse menacer un pays tout entier et tuer plus de 200 personnes. Le financement de la recherche, de la prévention et de la préparation concernant la peste est très insuffisant et, cette année, des milliers de personnes à Madagascar ont subi les conséquences de cette situation», a déclaré le Dr Peter Salama, directeur exécutif du Programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS.

Reprise des vols Air Seychelles vers Madagascar

Suite à l’annonce de la fin de l’épidémie par le ministère malgache de la Santé publique, les autorités des Seychelles ont autorisé la compagnie Air Seychelles à reprendre les vols vers Madagascar. La reprise du trafic vers l’île est prévue à partir du 12 janvier 2018. Air Seychelles avait suspendu les vols vers Madagascar suite au décès par la peste pulmonaire du coach de l’équipe nationale de basket lors du tournoi de basket de l’Océan indien, à Antananarivo à la fin du mois de septembre dernier.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici