Ce qu’il faut attendre de la visite de Macron à Alger

Emmanuel Macron, en février 2016, dans la basilique Notre-Dame-D'Afrique, à Alger. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Dix mois après avoir qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », le président français effectuera mercredi 6 décembre son premier déplacement présidentiel à Alger. Mais la question mémorielle n’a pas été placée au cœur de cette visite.

Alors candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait promis à la fin d’un meeting tenu à Alger en février dernier de revenir très vite en Algérie, s’il était élu. Promesse tenue. Sept mois après son investiture, le chef d’Etat français effectuera sa première visite officielle ce mercredi 6 décembre à Alger. Mais, les ambitions semblent avoir été revues à la baisse puisque le déplacement a été requalifié de « visite d’amitié et de travail » et non « d’État ».

Le locataire de l’Élysée, à peine rentré d’une tournée africaine, ne passera finalement que quelques heures à Alger. Attendu en fin de matinée sur le tarmac de l’aéroport Houari Boumediène, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, s’accordera d’abord un bain de foule dans le centre-ville de la capitale algérienne, avant de prendre la direction de la résidence de l’ambassadeur où il rencontrera des représentants de la société civile, notamment de jeunes Algériens.

Rencontre avec Abdelaziz Bouteflika

C’est au pas de charge que le chef d’État français enchaînera les rendez-vous politiques au cours de l’après-midi. Emmanuel Macron s’entretiendra brièvement avec des membres du gouvernement algérien, à commencer par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, avant de filer vers la résidence médicalisée située à Zéralda, dans la banlieue ouest d’Alger, où séjourne le président Abdelaziz Bouteflika. Après une rencontre avec une partie de la communauté française, vivant sur le sol algérien, Emmanuel Macron s’envolera en fin de soirée pour le Qatar.


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Un emploi du temps serré qui laisse peu de place aux questions sensibles, relatives à la réconciliation entre les deux pays. C’est pourtant sur ce point précis que le dirigeant français est le plus attendu depuis ses propos tenus en février dernier. En marge de son meeting algérois, le fondateur du parti En Marche ! était devenu l’un des premiers hommes politiques français à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ». Une déclaration qui avait été bien accueillie du côté algérien mais qui avait suscité l’ire d’une partie de la droite et de l’extrême droite françaises.

Geste symbolique

S’il ne faut pas s’attendre à des annonces importantes sur la questions mémorielle, il est toutefois probable qu’Emmanuel Macron accomplisse un geste symbolique en annonçant la restitution à l’Algérie des crânes de résistants algériens actuellement détenus par le musée de l’Homme à Paris. Plusieurs intellectuels algériens, dont Benjamin Stora, ont d’ailleurs relancé le débat en juillet dernier.


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Mais la priorité de cette visite éclair reste le renforcement de la coopération économique au moment où la France tente de redynamiser les échanges commerciaux entre les deux rives et reconquérir la place de premier fournisseur de l’Algérie, qu’elle a cédée à la Chine en 2014.

Depuis l’accord d’installation d’une usine Peugeot en Algérie, signé en novembre dernier, la France lorgne sur d’autres projets dans les secteurs automobiles, pharmaceutiques et agroalimentaires notamment. La venue d’Emmanuel Macron sera d’ailleurs suivie par un comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), présidé par les deux Premiers ministres, qui se tiendra jeudi 7 décembre à Paris.

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