RDC : Nestlé ferme son usine et son siège social à Kinshasa

La direction de Nestlé, à Lausanne, en avril 2016. © Laurent Gillieron/AP/SIPA

Le géant de l'agroalimentaire, qui a rencontré quelques déconvenues dans son expansion subsaharienne, a annoncé le 1er décembre la fermeture de son usine kinoise et de son siège social congolais.

« Alors que Nestlé continue d’accroître ses activités en Afrique, nous devons nous assurer que notre organisation reste aussi souple et adaptable que possible. Notre priorité est de proposer des produits abordables aux consommateurs. C’est dans ce but que nous avons décidé de fermer notre usine et notre siège social en RDC et de développer un modèle de vente basé sur des canaux de distribution externes. »

Le 1er décembre, Nestlé a annoncé via un communiqué publié sur son site internet la fin de ses activités à Kinshasa.

L’information a, le même jour, été donnée par Erkan Kodak, responsable de Nestlé Congo, dont le personnel était réuni pour l’occasion dans un grand hôtel de Kinshasa. « On savait que ça n’allait pas bien. Avec la crise en Angola, les produits Nestlé qui passaient la frontière étaient vendus moins cher que ceux que nous produisions sur place. On nous avait parlé d’une réduction d’effectifs programmée, mais nous ne nous attendions vraiment pas à une fermeture totale », confie un cadre, encore sous le choc.

Départ fin janvier mais arrêt immédiat de la production

En effet, selon ce dernier, si l’arrêt officiel des activités est prévue pour fin janvier, les employés ont été mis en congés dès l’annonce de la fermeture. « Nos comptes de messagerie et nos accès aux locaux ont été immédiatement désactivés », poursuit-il.

La succursale congolaise du géant suisse a été créée en 2009. L’usine, créée en 2012 après un investissement de 15 millions de francs suisses (12,4 millions d’euros), fabriquait des cubes Maggi et conditionnait du lait Nido en sachets, tandis que le reste de la gamme Nestlé distribué en RDC (Nescafé, Nesquik, produits infantiles…) était issu de l’importation. « Nous opérons des changements dans notre mode de fonctionnement, mais nous ne nous retirons pas : les consommateurs trouveront la même gamme de produits. Nous resterons actifs sur le marché congolais et contribuerons à la croissance du pays », affirment les services de communication de l’entreprise dans un mail laconique envoyé à Jeune Afrique, sans répondre à nos questions sur les causes exactes de la fermeture de l’usine et sur les compensations offertes aux près de 180 employés et aux 500 contractuels.

Négociations en cours

« Nous sommes conscients que c’est une période difficile pour nos employés et nous nous engageons à leur offrir des indemnités plus importantes que ce que prescrit le droit du travail congolais », précise la communication de Nestlé. « Les négociations sur nos conditions de départ sont encore en cours », explique notre cadre qui se montre sceptique face aux annonces de sa direction.

Volontariste en 2010 – l’entreprise annonçait alors un programme d’investissements de près de 1 milliard d’euros sur trois ans sur le continent – plus frileuse en 2015, après avoir enregistré des chiffres de vente décevants, Nestlé peine à dessiner une stratégie à l’échelle de l’Afrique subsaharienne. Avec un chiffre d’affaires de 1 811 millions de francs suisses (1 692 millions d’euros) pour la zone en 2016, elle a enregistré un recul de 81 millions de francs suisses (76 millions d’euros) entre 2015 et 2016.

 

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