Yémen : l’ex-président Ali Abdallah Saleh a été tué par des rebelles houthis

Par Jeune Afrique avec AFP

Yémen: Saleh quitte Sanaa pour des soins aux Etats-Unis © AFP

Après une semaine de combats à Sanaa, les rebelles houthis ont annoncé lundi la mort d’Ali Abdallah Saleh. Le décès de l'ex-président yéménite a été confirmé par une dirigeante de son parti.

Ce pourrait être un tournant majeur dans la crise qui ravage le Yémen depuis trois ans. Voilà près d’une semaine que les combats s’intensifient à Sanaa, la capitale du Yémen, où près de 100 personnes ont perdu la vie depuis le 29 novembre. Les rebelles houthis partagent le contrôle de la ville avec les partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh depuis 2014. Dans un communiqué diffusé lundi, les rebelles ont annoncé la mort d’Ali Abdallah Saleh à la suite d’affrontements à Sanaa.

Fin de l’alliance avec les Houthis

Le décès de l’ancien président, âgé de 75 ans, a été confirmé lundi à l’AFP par Faïka al-Sayyed, une dirigeante de son parti, le Congrès populaire général (CPG). Des photos et des vidéos, apparemment prises par des rebelles, circulaient sur les réseaux sociaux juste avant l’annonce des Houthis, montrant ce qui semble être l’ancien président, apparemment sans vie, avec une profonde entaille à l’arrière de la tête.

Contraint par la pression de la rue de quitter le pouvoir en 2012, après trente-trois ans à la tête du Yémen, Ali Abdallah Saleh s’était allié en 2014 avec les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran, pour prendre le contrôle de Sanaa.

La rupture entre les deux camps qui se disputent la mainmise sur les finances et le partage du pouvoir est actée depuis une semaine, les Houthis accusant notamment l’ex-président de contacts avec l’Arabie saoudite. L’ancien chef d’État a ainsi proposé samedi à Riyad de « tourner la page » en échange d’une levée du blocus imposé par le royaume, qui étrangle le pays. Un acte de « grande trahison » pour les rebelles houthis.

Offensive de la coalition

Face à la dislocation de l’alliance, Abd Rabbo Mansour Hadi, le président reconnu par la communauté internationale aujourd’hui réfugié à Aden, dans le sud du pays, a ordonné lundi à ses troupes de reprendre Sanaa avec le soutien de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Dans une déclaration à la chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariya, la coalition a appelé les civils présents dans la capitale yéménite à s’éloigner des zones rebelles, ce qui pourrait signifier une prochaine intensification des raids aériens sur Sanaa.

Offrir une amnistie à tous ceux qui cessent de collaborer avec les rebelles

Baptisée « Sanaa l’Arabe », l’opération consisterait, selon un membre de l’entourage du président, à prendre la capitale en tenaille via plusieurs fronts, notamment à l’est et au nord-est. Outre le soutien de la coalition sous commandement saoudien, les militaires loyalistes se sont assurés l’appui des tribus de Khawlane qui contrôlent l’est de Sanaa, a ajouté la même source. Afin d’affaiblir les Houthis, le gouvernement exilé à Aden a également annoncé sa volonté d’offrir une amnistie à tous ceux qui cessent de collaborer avec les rebelles.

Drame humanitaire majeur, la guerre au Yémen a fait plus de 8.750 morts depuis l’intervention de l’Arabie saoudite et de ses alliés en mars 2015.  Le pays est aujourd’hui confronté à la « pire crise humanitaire du monde » selon l’ONU, avec un habitant sur deux qui n’a pas accès à des soins et 20 millions de personnes, soit plus de deux Yéménites sur trois, qui ont besoin d’aide alimentaire et font face à une épidémie de choléra.

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