Centrafrique : affrontements meurtriers entre factions du FPRC

Par - Correspondant à Bangui

Des membres de l'ex-rébellion de la Séléka, en Centrafrique, en janvier 2014. © Jerome Delay/AP/SIPA

Cinq personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées, dont des civils, dans de violents combats qui ont opposé, le 3 décembre à Ippy, deux factions rivales du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).

Les affrontements qui ont éclaté dimanche à Ippy, ville située dans le centre-est de la Centrafrique, ont opposé deux factions rivales du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), issues de l’ex-Séléka, selon un responsable sanitaire de la commune. Les combats ont fait cinq morts et plusieurs dizaines de blessés, dont des civils.

Les deux groupes rivaux du FPRC, placés respectivement sous les commandements d’Abdoulaye Hissène et d’Azor Kalite, ont débuté les combats dimanche à 9 heures.

Au même moment, se tenait à la mairie de la ville une réunion sur la cohésion afin d’essayer de « décrisper une tension palpable entre les communautés », d’après un officier de la gendarmerie centrafricaine. Les premiers coups de feu ont été entendus seulement quelques minutes après le début de la réunion.


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L’aile du FPRC d’Azor Kalite a accusé celle d’Abdoulaye Hissène d’avoir lancé une attaque contre elle. « Nous cherchons à voir comment organiser une rencontre avec Ali Darass de l’UPC afin de remettre de l’ordre. Mais Abdoulaye Hissène ne veut pas, c’est pourquoi il crée tous ces troubles », a déclaré à Jeune Afrique Azor Kalite, qui a indiqué qu’un de ses hommes avait été tué dans les combats. Il a aussi annoncé trois morts dans le camp adverse. De son côté, le chef du centre sanitaire d’Ippy a témoigné avoir soigné plusieurs blessés et vu un civil tué par balle.

Silence de la Minusca

La présence du contingent mauritanien de la Minusca n’a pas empêché les combats de se poursuivre pendant plusieurs heures, selon un habitant d’Ippy. Contactée, la Minusca a pourtant indiqué ne pas être au courant de la tenue des combats… Depuis dimanche, « la ville est sous contrôle des hommes d’Abdoulaye Hissène », a indiqué un habitant joint par téléphone avant la coupure des réseaux télécoms. « Plusieurs commerces et habitations ont été incendiés », a-t-il aussi précisé.

Ces deux factions rivales se sont déjà affrontées plusieurs fois à Bria, avant l’alliance d’Abdoulaye Hissène avec Ali Darass de l’UPC, une autre branche de l’ex-Séléka. Les combats d’hier n’ont fait que replonger la région dans un climat de terreur.

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