Les Émirats expulsent vers Le Caire Ahmed Chafiq, candidat à la présidentielle égyptienne

Par AFP

Un militaire devant le palais Qubbah, le 17 avril 2016. © GEAI LAURENCE/SIPA

L'ex-Premier ministre égyptien Ahmed Chafiq, qui a annoncé son intention d'être candidat à la présidentielle égyptienne, a été interpellé samedi à son domicile aux Émirats arabes unis, où il vivait en exil depuis 2012, pour être expulsé vers l'Égypte, ont indiqué deux proches à l'AFP.

Plus tard l’agence de presse émiratie WAM a indiqué que M. Chafiq avait quitté les Émirats pour revenir en Egypte, précisant que sa famille était restée dans le pays.

M. Chafiq avait annoncé en début de semaine son intention d’être candidat à la présidentielle égyptienne de 2018 contre le président Abdel Fattah al-Sissi.

Quelques heures plus tard il affirmait que les Émirats arabes unis l’empêchaient de quitter leur territoire, suscitant la colère des autorités émiraties.

Samedi, des responsables émiratis « sont venus le chercher chez lui et l’ont mis dans un avion privé. Ils ont dit qu’il retournerait au Caire car ils pouvaient seulement le renvoyer vers son pays d’origine », a indiqué l’une de ses proches.

Un autre a confirmé à l’AFP que M. Chafiq serait expulsé vers l’Égypte alors que son avocate, Dina Adly, indiquait sur Facebook que son client avait été « arrêté » pour être renvoyé en Égypte.

Ahmed Chafiq avait été candidat à l’élection présidentielle de 2012, mais il avait perdu de peu face à l’islamiste Mohamed Morsi. Peu après cette défaite, il avait été poursuivi par la justice égyptienne pour corruption et avait pris le chemin de l’exil aux Émirats arabes unis.

Désormais acquitté, son avocat avait affirmé qu’il était libre de revenir en Égypte.

Ahmed Chafiq pourrait être l’un des rares candidats à représenter une sérieuse menace pour le président Sissi, ancien chef de l’armée qui a remporté l’élection de 2014 après avoir renversé M. Morsi, issu des Frères musulmans.

Depuis son arrivée au pouvoir, les organisations internationales de défense des droits de l’Homme accusent régulièrement son régime de réprimer toute opposition, et d’être à l’origine de disparitions forcées et d’actes de torture.

M. Chafiq, un haut-gradé de l’aviation, avait été nommé Premier ministre au cours des derniers jours au pouvoir de Hosni Moubarak, chassé par un soulèvement populaire en 2011 après 30 ans à la tête du pays.

Les candidats pour la nouvelle présidentielle entreront officiellement en lice lors du lancement des procédures devant la commission électorale début 2018.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici