Mali : une enquête française blanchit Barkhane pour l’enfant tué en novembre 2016

Des soldats français sécurisent une zone près de Gao, au Mali, en 2013. © Jerome Delay/AP/SIPA

L'enquête interne menée par le ministère français de la Défense après la mort d'un enfant de 10 ans tué dans une opération de la force Barkhane, il y a un an, dans le nord du Mali, "n'a relevé aucune faute individuelle ou collective dans l'usage de la force".

L’affaire avait provoqué une vive polémique en plein sommet Afrique-France de Bamako et suscité l’agacement de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre français de la Défense. Le 13 janvier 2017, Jeune Afrique révélait que des soldats français de la force Barkhane avaient tué un enfant de dix ans le 30 novembre 2016 au cours d’une opération dans l’extrême-nord du Mali, avant de l’enterrer en catimini. Selon sa famille, ce jeune garçon, Issouf Ag Mohamed, était ce jour-là occupé à rassembler des ânes pour aller chercher de l’eau.

Le ministère français de la Défense avait rapidement reconnu les faits dans un communiqué et affirmé que ce mineur était un « guetteur ». « Le 30 novembre 2016, dans le cadre d’une opération menée par la force Barkhane dans la région d’Aguelhok [au nord de Kidal], les forces armées françaises ont repéré un réseau de guetteurs agissant pour le compte d’un groupe armé terroriste », indiquait ce communiqué.

« La force Barkhane a alors décidé l’intervention d’une patrouille d’hélicoptères afin de faire cesser cette menace », aboutissant à « la neutralisation d’un de ces guetteurs, qui s’est avéré être un mineur », concluait le ministère, précisant avoir « immédiatement » ordonné une enquête.

« Le décès de ce mineur est regrettable »

Les conclusions de celle-ci ont été rendues publiques le 30 novembre par Valérie Lecasble, la porte-parole du ministère des Armées. « Le décès de ce mineur est regrettable, a-t-elle déclarée lors d’un point de presse à Paris. Mais l’enquête n’a relevé aucune faute individuelle ou collective dans l’usage de la force. Les principes du droit des conflits armés ont été respectés. »

Selon elle, « dans le contexte opérationnel du moment, il apparaissait légitime de faire cesser une intention hostile pesant sur la force ».

Plus récemment, une nouvelle opération de la force Barkhane a provoqué un tollé au Mali. Dans la nuit du 23 au 24 octobre, la force Barkhane a mené un raid contre un camp jihadiste près d’Abeïbara, dans l’extrême nord du pays, qui a couté la vie à onze soldats maliens détenus en otages par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali.


>>> A LIRE – Mali : les 11 militaires retenus en otages ont bien été tués lors d’un raid de l’opération Barkhane


Alors que les autorités maliennes ont confirmé que leurs soldats, kidnappés lors de différentes attaques ces derniers mois, figuraient bien parmi les victimes, Paris s’est défendu en affirmant que ces militaires maliens avaient été retournés en détention et qu’il ne s’agissait pas d' »otages » mais de « combattants terroristes ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici