Zimbabwe : poursuivi pour avoir tenté de renverser Mugabe, le pasteur Evan Mawarire est relaxé

Par Jeune Afrique avec AFP

Le jeune pasteur Evan Mawarire, à l'initiative de la campagne "This Flag" au Zimbabwe, le 3 mai 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Poursuivi pour avoir tenté de renverser le gouvernement de l'ancien président Robert Mugabe en organisant des manifestations en 2016, le pasteur zimbabwéen Evan Mawarire a été relaxé ce 29 novembre.

« Il n’y a pas de preuves qu’il ait incité à renverser par la force le gouvernement », a déclaré une juge de la Haute cour d’Harare. L’accusé, le pasteur Evan Mawarire, est donc « acquitté des deux chefs d’inculpation de sabotage d’un gouvernement constitutionnel [et] du chef d’inculpation d’incitation à la violence ».

Cette relaxe intervient une semaine après la démission du président Robert Mugabe. Emblème de la fronde qui avait secoué le pays en 2016 avant d’être violemment réprimée, Evan Mawarire a salué la décision de justice.

« Toute cette histoire est absurde, a-t-il estimé. Je n’aurais jamais dû être à la barre. Je n’aurais jamais dû être arrêté. Je n’aurais jamais dû être inculpé ».

« J’espère que notre pays est en train de changer, a-t-il ajouté, avant de mettre en garde le nouveau chef de l’État, Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président de Robert Mugabe, qu’il a renversé. S’ils nous font ce que le gouvernement de Robert Mugabe nous a faits, nous leur ferons la même chose ».

Figure de la contestation

Né en 1977 à Harare dans une famille chrétienne très pieuse, Evan Mawarire, pasteur évangélique de la Célébration, avait fondé sa propre Église, baptisée « Sa génération », qui réunissait une centaine de fidèles. Se présentant comme apolitique, il s’était fait connaître  en lançant, en avril 2016, la campagne « #ThisFlag » – « #CeDrapeau » – sur les réseaux sociaux.

Sur les vidéos diffusées en ligne, on le voyait alors apparaître avec le drapeau du Zimbabwe en écharpe ou tenu à bout de bras et lancer de violentes diatribes dénonçant les conditions de vie de la population. Les vidéos avaient alors déclenché un vaste mouvement de grève et de manifestations dans le pays. Mouvement qui s’était peu à peu éteint face à la violence de la répression qui s’était abattue sur les manifestants.

Accusé d’inciter à la violence et brièvement arrêté à Harare, Mawarire avait alors pris le chemin de l’exil en Afrique du Sud pour six mois, en juillet de la même année, avant d’être arrêté une deuxième fois à l’aéroport lors de son retour au Zimbabwe. Il avait été libéré contre caution une semaine plus tard, avant d’être placé sous contrôle judiciaire.

Cela ne l’avait pas empêché de récidiver et d’être de nouveau arrêté lors d’une manifestation, en juin dernier, en marge d’une manifestation d’étudiants en médecine qui protestaient contre la hausse des frais de scolarité.

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