RDC : l’ONU valide le calendrier électoral et met en garde contre un nouveau report

Par Jeune Afrique avec AFP

Des agents de la Céni accumulent les bulletins de vote dans un entrepôt à Kinshasa le 3 Décembre 2011. © Gwenn DUBOURTHOUMIEU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entériné mardi le nouveau calendrier électoral en République démocratique du Congo prévoyant une présidentielle le 23 décembre 2018, mais insiste sur « l'importance capitale de s'assurer que ces scrutins ne soient pas encore repoussés ».

L’ONU a tranché. Le Conseil de sécurité de l’organisation a validé mardi le nouveau calendrier électoral en République démocratique du Congo qui stipule que la nouvelle élection présidentielle du pays doit se tenir le 23 décembre 2018.

« Maintenant que le 23 décembre 2018 a été choisi comme date d’élections, les membres du Conseil de sécurité soulignent l’importance capitale de s’assurer que ces scrutins ne soient pas encore repoussés », peut-on lire dans le communiqué de l’ONU, dont le Conseil de sécurité constate les retards accumulés et entérine ce nouveau calendrier. Le Conseil de sécurité se déclare cependant prêt à agir contre « tous les acteurs congolais dont les actions et déclarations pourraient entraver (…) l’organisation des élections dans les délais ».

« Calendrier fantaisiste »

Le deuxième mandat de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, s’est achevé le 20 décembre 2016. La Constitution, qui l’empêche de se représenter pour un troisième mandat, lui permet en revanche de rester au pouvoir tant que son successeur n’a pas été élu.

En vertu de l’accord du 31 décembre 2016 décidé entre le gouvernement et l’opposition, une présidentielle aurait dû être organisée avant la fin de l’année 2017. Le pouvoir a mis en avant la situation sécuritaire et des problèmes matériels pour justifier leur décision de n’organiser le prochain scrutin qu’en 2018.


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L’annonce début novembre de ce calendrier avait provoqué une levée de bouclier au sein de l’opposition. Moïse Katumbi, un des principaux opposants à Jospeh Kabila, l’avait qualifié de « calendrier fantaisiste » et décrit « une manœuvre de plus d’un régime prédateur qui veut s’accrocher indéfiniment au pouvoir ».

« La publication d’un calendrier électoral – longtemps attendu – établit un échéancier clair pour une transition du pouvoir », avait réagi Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations-Unis, au lendemain de l’annonce du nouveau tableau de marche. La prise de position du Conseil de sécurité est conforme à l’acceptation par Washington du dernier calendrier annoncé.

Manifestations le 30 novembre

« Un cycle électoral crédible et pacifique est crucial pour la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo » et le Conseil de sécurité « appelle les autorités congolaises et toutes les institutions concernées à prendre sans retard toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que ce nouveau calendrier soit respecté scrupuleusement », précise le communiqué de l’ONU.

Il cite notamment la « publication d’un budget crédible » pour ces élections multiples et « l’adoption de lois électorales » en adéquation avec le calendrier retenu. Il faut que les scrutins « soient organisés dans la transparence et de manière inclusive » pour permettre « un transfert pacifique du pouvoir », réclame aussi l’ONU.

A la veille d’une nouvelle journée manifestation de l’opposition à travers le pays, la tension est forte en RDC alors que le gouvernement a annoncé l’interdiction de ces rassemblements. Lundi, l’influent épiscopat congolais a exhorté le président Joseph Kabila « à rassurer l’opinion par une déclaration publique » qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Et ce, en vue de contribuer à « l’apaisement des tensions » liées à son maintien à la tête du pays au-delà de la fin de son mandat.

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