Inculpation de Cheikh Tidiane Gadio pour corruption : Idriss Déby dément les accusations de la justice américaine

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, lors d'une visite en Allemagne en octobre 2016. © Markus Schreiber/AP/SIPA

Le président tchadien a vigoureusement rejeté des accusations de la justice américaine qui le soupçonne d'avoir reçu des pots-de-vin de l'ex-ministre sénégalais Cheikh Gadio dans une affaire d'attribution de droits pétroliers.

« Vous avez entendu que le président Déby a été corrompu par une entreprise pour deux millions de dollars. C’est vraiment rigoler, s’est exclamé Idriss Déby Itno le 28 novembre dans un discours prononcé à l’occasion du 59e anniversaire de la république tchadienne. Votre frère, votre président, est blanc comme mon habit, il n’a pas volé, il n’a pas été corrompu et il ne sera jamais corrompu ».

« De toutes les entreprises ou les partenaires qui ont travaillé au Tchad, qui peut me reprocher de m’avoir donné un seul dollar ? Cet acharnement obéit à un agenda caché qui vise à détruire le Tchad », a fustigé le président Idriss Déby, qui assure que « le Tchad est souverain, et la souveraineté du Tchad ne se marchande pas ».

Le 20 novembre, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Gadio, ainsi qu’un responsable d’une ONG basée à Hong Kong et aux États-Unis, ont été inculpés. Ils sont accusés d’avoir corrompu pendant plusieurs années des hauts responsables du Tchad et d’Ouganda afin d’obtenir des avantages pour une entreprise pétrolière chinoise.

« Affabulations »

En échange d’un pot-de-vin de deux millions de dollars, le président du Tchad aurait offert à l’entreprise pétrolière chinoise des droits pétroliers dans le pays sans passer par un appel d’offres international. L’ancien ministre sénégalais aurait joué un rôle central dans cette affaire.

Le gouvernement tchadien avait déjà des dénoncé des « affabulations » et un « acharnement » contre le président Déby.

Le 26 novembre, quelques centaines de personnes avaient manifesté dans la capitale N’Djamena, à l’initiative d’une coalition d’associations se disant membres de la société civile, pour dénoncer « l’ingérence des USA » et aux cris de « Ambassadeur des USA dégage ! ».

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