Burkina Faso : Emmanuel Macron offrira un ouvrage sur la mémoire à l’Université de Ouagadougou

Par Jeune Afrique

Emmanuel Macron, le 23 novembre à Paris lors d'une discours devant les maires de France. © Thibault Camus/AP/SIPA

En visite au Burkina Faso, Emmanuel Macron fera don à l'Université de Ouagadougou d'un exemplaire d'un ouvrage de son maître à penser, Paul Ricœur, dans lequel ce dernier critique notamment les « abus de mémoire ». Message subliminal ?

Arrivé lundi soir au Burkina Faso pour une mini-tournée africaine, Emmanuel Macron s’apprête à délivrer un discours devant les étudiants de l’Université de Ouagadougou ce mardi 28 novembre. Le président français en profitera pour faire don au département de philosophie d’un exemplaire de La Mémoire, l’histoire, l’oubli, de Paul Ricœur, publié aux éditions du Seuil en 2003.

Je reste troublé par l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire de l’influence des commémorations et des abus de mémoire – et d’oubli »

Comme son titre l’indique, cet ouvrage du célèbre philosophe français, décédé depuis, est consacré, entre autres, aux thèmes de la mémoire et notamment de l’excès de célébration. « Je reste troublé par l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire de l’influence des commémorations et des abus de mémoire – et d’oubli, y écrit Paul Ricœur. L’idée d’une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués ».

« La colonisation, un crime contre l’humanité »

Un choix symbolique pour le président français, qui a été l’assistant éditorial de Paul Ricœur, avec qui la rencontre a été décisive et dont on reconnaît l’influence sur sa vision de la politique. Pendant sa campagne et même après son élection, Emmanuel Macron s’est démarqué en prenant position sur des thèmes qui renvoyaient parfois à un passé douloureux, tel le passé de la France sur le continent.

Alors candidat, il avait, depuis Alger, qualifié la colonisation française de « crimes contre l’humanité » – ce qui lui avait valu un tonnerre de protestations, notamment des « pieds-noirs », les Français établis en Afrique du Nord avant les indépendances. Un terme qu’il a repris dernièrement pour évoquer le sort des migrants africains réduits en esclavage en Libye.

Après s’être démarqué par des déclarations fortes sur le passé, le choix de l’ouvrage de Paul Ricœur semble donc indiquer que le président français souhaite mettre un bémol sur le trop-plein de célébrations mémorielles et l’abus de références au passé.

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