Maroc : le Conseil national du PJD vote contre un troisième mandat de Abdelilah Benkirane

Le chef du gouvernement marocain, Saadeddine El Othmani, avec son prédécesseur, le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, lors d'un meeting électoral le 25 septembre 2016 à Rabat. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

A deux semaines de leur congrès national, les islamistes ont refusé ce dimanche d'amender leurs statuts pour permettre à Benkirane de rempiler une troisième fois. Une reconduction qui aurait pu menacer l'unité du PJD, selon ses détracteurs.

Abdelilah Benkirane ne pourra pas prétendre à un troisième mandat à la tête du Parti justice et développement (PJD) lors du prochain Congrès national du PJD, prévu le 9 décembre, pour lequel il avait manoeuvré en coulisses. Ainsi en a décidé le Conseil national du parti, réuni en session extraordinaire samedi 25 et dimanche 26 novembre, à Salé.

Cette instance, qui fait office de Parlement du mouvement, a voté contre l’amendement de l’article 16 du statut du PJD qui fixe à deux le nombre maximal de mandats d’un secrétaire général. Le résultat est irrévocable : 126 ont voté contre, et 101 pour.

Son détracteur n’est autre que Mustapha Ramid, actuel ministre d’État chargé des Droits de l’homme, et surtout un des dinosaures des islamistes. Depuis plusieurs mois déjà, il avait fait savoir son opposition à toute prolongation de mandat de Benkirane, estimant qu’une telle décision allait désagréger le PJD de l’intérieur.

Le clan légaliste a gagné

Samedi, jour d’ouverture des travaux de ce Conseil national, Abdelilah Benkirane a tenu un discours très conciliant et mobilisateur, assurant que « le parti restera uni quoiqu’il arrive ».

Depuis son limogeage par le roi pour incapacité à former un gouvernement, Abdelilah Benkirane a cherché à forger une image de fédérateur au sein d’un mouvement visé par ce qu’il appelle « les assauts du pouvoir ».

Ses supporters, recrutés au sein de la jeunesse du parti, ont poussé pour sa réélection à un troisième mandat, affirmant qu’il était le seul à pouvoir redorer le blason de leur formation, éprouvée par son expérience gouvernementale.

Mais pour cela, il fallait amender les statuts du PJD. Le pas à ne pas franchir, selon le clan des ministres du parti, Mustapha Ramid, Lahcen Daoudi et Aziz Rebbah, qui considèrent que la démocratie interne, marque de fabrique du PJD, en prendrait un coup.

Dimanche, à l’issue de son Conseil national, le PJD a donc préféré la voie de la légalité appelant ses troupes à se mobiliser pour la date du 9 décembre, qui verra l’élection d’un nouveau secrétaire général. Une nouvelle guerre des chefs en perspective.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici