Centrafrique : la Minusca prise pour cible par des manifestants après un accident de la route

Par - Envoyé spécial à Bangui

Véhicule de la Minusca incendié par des manifestants, le vendredi 24 novembre à Bangui © Photo : Pacôme Pabandji

Des agents de la Minusca, la mission de l’ONU en Centrafrique, ont été visés vendredi, à Bangui, lors de plusieurs manifestations qui faisaient suite à deux accidents de la circulation, dont l’un a coûté la vie à un élève du lycée technique.

Vendredi, à Bangui. Autour d’un véhicule de l’ONU en feu, dont on peut encore lire le sigle « UN », dans le 2e arrondissement de Bangui, des manifestants scandent des slogans hostiles à la Minusca (Mission des Nations unies pour le soutien à la Centrafrique), réclamant même le départ des Casques bleus. Face à eux, des policiers et gendarmes prêts à en découdre.

Un peu plus loin, à proximité du siège de la gendarmerie centrafricaine, un autre véhicule de l’ONU, entièrement calciné, est cette fois entouré par des élèves du lycée technique armés de cailloux et de bâtons. Ces véhicules ont été incendiés par des manifestants en colère à la suite de deux accidents de la circulation.

La Minusca cristallise les tensions

Ils ne font que se pavaner dans Bangui au lieu de se rendre dans les provinces pour sauver nos familles

Selon plusieurs témoins, un élève du lycée technique aurait été tué dans un accident par un véhicule de la Minusca, ce qui a déclenché la colère de la population. « C’est une voiture de la Minusca qui a heurté un élève du lycée technique, c’est pourquoi ça a créé ce soulèvement, parce que tout ce qui se passe, la Minusca ne fait rien contre. Ils ne font que se pavaner dans Bangui au lieu de se rendre dans les provinces pour sauver nos familles qui sont massacrées comme des animaux. Ils sont là et ils ne savent même pas conduire », lâche d’une voix roque Stéphane, presque nez à nez avec un gendarme centrafricain.

Des policiers et gendarmes sont déployés depuis vendredi pour contenir les manifestations organisées à travers Bangui, notamment sur les trois principales avenues de la capitale. À proximité de l’aéroport, plusieurs coups de feu ont même été tirés par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants.

Appels au calme

Des passants étrangers et des véhicules de l’ONU ont été pris à partie et ont reçu des projectiles. « Troubles persistants en ville, évitez tout déplacement », a écrit l’ambassade de France à ses ressortissants. Plusieurs autres représentations occidentales ont diffusé le même message de prudence.

« Aucun véhicule de la Minusca n’est impliqué dans l’accident ayant causé la mort de ce jeune Centrafricain », a déclaré à Jeune Afrique le porte-parole de la mission, jugeant « inacceptable que les véhicules de l’ONU, utilisés dans le cadre de son mandat, soient ainsi pris pour cible dans ces attaques violentes et injustifiées ».

Vendredi en début de soirée, Maxime Kazagui, ministre centrafricain de la Communication et porte-parole du gouvernement, a appelé au calme et a demandé « d’éviter toute vindicte populaire », avant de préciser que « le véhicule ayant heurté le jeune étudiant ne fait pas partie de sa flotte mais aurait été conduit par un élément des Forces armées centrafricaines ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici