Soudan : en visite en Russie, Omar el-Béchir demande la protection de Poutine contre les États-Unis

Par Jeune Afrique avec AFP

Vladimir Poutine et Omar el-Béchir, le 23 novembre 2017 à Sotchi. © AFP

Omar el-Béchir a assuré que le Soudan avait besoin d'être protégé contre les « actes agressifs » des États-Unis, et ce malgré la levée récente de l'embargo américain imposé pendant vingt ans à son pays. Le président soudanais s'exprimait à l'occasion d'une rencontre avec Vladimir Poutine ce 23 novembre.

« Nous estimons que ce qui s’est passé avec notre pays, c’est aussi le résultat de la politique américaine et nous avons besoin d’être protégés contre les actes agressifs des États-Unis », a déclaré Omar el-Béchir depuis la résidence du président russe à Sotchi, sur les bords de la mer Noire.

Ce 23 novembre, il a précisé que Khartoum souhaitait renforcer la coopération militaire avec Moscou en vue de « rééquiper ses forces armées ». « Les armes dont nous disposons, elles sont de fabrication russe », a-t-il rappelé.

Nous sommes contre l’ingérence américaine dans les affaires intérieures des autres pays

Cette première visite en Russie d’Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, intervient peu après la levée par le gouvernement du président Donald Trump de l’embargo américain.

Les États-Unis ont en effet décidé en octobre de lever certaines sanctions imposées au Soudan depuis 1997. Ils ont en revanche maintenu ce pays sur leur liste des États soutenant le terrorisme.

« Renforcement des relations bilatérales »

« Nous sommes contre l’ingérence américaine dans les affaires intérieures des autres pays » comme l’Iran et la Syrie, a déclaré Omar el-Béchir. Le président soudanais en a profité pour remercier la Russie pour « la position qu’elle prend dans les affaires internationales, notamment sa position en faveur de la défense du Soudan ». « Si la Russie n’était pas intervenue dans la situation en Syrie, ce pays aurait été perdu », a-t-il par ailleurs estimé.

« Nous sommes convaincus que votre première visite en Russie sera très utile et contribuera au renforcement des relations bilatérales », a déclaré pour sa part Vladimir Poutine.

Omar el-Béchir est visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour. Cette province de l’ouest du Soudan est en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 330 000 morts, selon l’ONU. Mais le président soudanais continue de voyager dans certains pays sans être inquiété.

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