Robert Mugabe : « héros africain » pour l’UA, fin d’un régime « d’oppression » pour le Royaume-Uni

Par Jeune Afrique avec AFP

Robert Mugabe au Forum économique mondial sur l'Afrique en Afrique du Sud, le 4 mai 2017. © Reuters

Les réactions internationales n'ont pas tardé à tomber suite à l'annonce, mardi, par le président du Parlement zimbabwéen de la démission de Robert Mugabe, marquant la fin de 37 ans de pouvoir.

Partira, partira pas… La nouvelle est finalement tombée peu avant 17 h, mardi, lorsque Jacob Mudenda, président du Parlement zimbabwéen, a annoncé devant le parterre de députés présents la démission du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, déclenchant l’euphorie de l’Assemblée. Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président dont le limogeage au début du mois de novembre a marqué le début de la crise politique zimbabwéenne, est pour sa part rentré mercredi à Harare. Son investiture est prévue ce vendredi 24 novembre.

Voilà près de quatre décennies, 37 ans pour être précis, que le plus vieux chef d’État encore en poste régnait sur le Zimbabwe. Pendant qu’Harare célébrait en liesse la chute du président de 93 ans, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Des États-Unis à la Grande Bretagne en passant par l’Union africaine, les dirigeants internationaux ont réagit à la démission du président zimbabwéen et la nouvelle ère qui s’ouvrait pour le pays.

« Un héros africain », pour Alpha Condé

Le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a déclaré, dans un communiqué publié mardi soir, que Robert Mugabe restera « le père de l’indépendance de la nation zimbabwéenne » ajoutant que sa démission « entrera dans l’histoire » et « renforcera son héritage politique ».

Le communiqué estime également que la décision de Robert Mugabe « pose les bases d’un processus de transition, mené par le peuple souverain du Zimbabwe ».

Dans la lignée de cette déclaration, le président de la Guinée et de l’Union africaine, Alpha Condé a fait part, au micro de France 24, de son « soulagement » à l’annonce du départ de Robert Mugabe et de sa satisfaction de voir une « solution politique » à la crise zimbabwéenne.

« Il ne faut jamais oublier que Mugabe a été un très grand combattant, un héros africain. C’est dommage qu’il sorte par la petite porte et qu’il soit désavoué par le Parlement », a-t-il estimé.

Theresa May souligne « l’oppression qui a caractérisé son pouvoir »

La Première ministre britannique a souligné que la démission de Robert Mugabe offrait au Zimbabwe l’opportunité de se forger « un nouveau chemin libre de l’oppression qui a caractérisé son pouvoir ».

Le ministre des affaires étrangères de l’ancienne puissance coloniale s’est lui montré plus direct dans son commentaire assurant qu’il « n’allait pas faire semblant de regretter la chute de Mugabe » et que le Royaume-Uni allait soutenir le peuple zimbabwéen.

L’ambassade américaine à Harare a de son côté soulignée une « soirée historique pour le Zimbabwe », insistant sur le fait que « peu importe les arrangements à court terme que le gouvernement adoptera, le chemin à suivre devait être celui d’élections libres et équitables « .

 

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