Côte d’Ivoire : les grévistes de la Société des ciments d’Abidjan lancent un appel à Ouattara

Depuis le début de la grève, en septembre, les grévistes se rendent chaque matin sur le site de l'usine. © Sypesca

Neuvième semaine de grève au sein de la Société des ciments d’Abidjan (SCA). Face à l’enlisement du mouvement, le syndicat Sypesca fait appel au président Ouattara pour résoudre la crise.

La moitié des employés de la Société des Ciments d’Abidjan sont en grève depuis neufs semaines. Ce conflit, qui a démarré le 12 septembre dernier, porte principalement sur le partage des charges salariales, qui favoriserait les employés expatriés au dépend des travailleurs locaux. Les grévistes réclament une revalorisation de leurs conditions de travail et de leurs rémunérations, notamment pour les plus précaires.

Le Syndicat du personnel de la Société des ciments d’Abidjan (Sypesca) dénonce dans un communiqué l’échec « total » des tentatives de médiation des autorités ivoiriennes et l’absence de réaction de la direction de l’usine, qui refuse pour l’instant de négocier.

Un appel au président Ouattara

La durée de la grève commence à peser sur les conditions de vie des grévistes et de leurs familles, menacés pour certains de licenciement : « La moitié des employés de l’entreprise, qui suivent toujours la grève, n’ont plus les moyens de s’occuper de leur famille. Nous sommes en train de mourir de faim, nos enfants n’ont pas pu être scolarisés et ceux qui l’ont été se sont vus expulsés faute de payer les frais de scolarité. »

Devant l’enlisement de la situation, le Sypesca a lancé un appel au président Ouattara, demandant son intervention afin de permettre une sortie de crise. Les représentants du syndicat n’ont, pour le moment, pas reçu de retour sur cette demande, mais doivent rencontrer le Conseil national du dialogue social ivoirien jeudi 23 novembre.

Détenue à 17,4 % par le français Vicat, la Société des Ciments d’Abidjan est le leader la production de ciment en Côte d’Ivoire. Depuis le début du conflit social, sa production a chuté de 50%, atteignant 2 000 tonnes par jour.

Contactée, la direction de l’usine n’a pas encore donné suite aux demandes d’information de la rédaction de Jeune Afrique.

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