Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa de retour à Harare

Par - à Harare / avec AFP

Emmerson Mnangagwa à son arrivée à Harare, ce mercredi 22 novembre. © AP/SIPA

Au lendemain de la démission de Robert Mugabe après 37 ans à la tête du pays, Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président limogé au début du mois et poussé à l'exil au terme d'un bras de fer avec la Première dame, est rentré à Harare mercredi.

Emmerson Mnangagwa, successeur désigné de Robert Mugabe qui a démissionné de ses fonctions de chef d’État mardi, est arrivé à Harare.  Plusieurs centaines de personnes rassemblées à l’extérieur du siège de la Zanu-PF attendaient avec impatience les premiers mots de l’ancien vice-président, comme le rapporte Pierre Boisselet, notre envoyé spécial sur place.

Pour sa première prise de parole depuis le début de la crise, Emmerson Mnangagwa a salué « le début d’une nouvelle démocratie » au Zimbabwe et appelé « tous les patriotes » à travailler ensemble.
« Aujourd’hui, nous assistons au début d’une nouvelle démocratie », a-t-il lancé sous les acclamations de la foule réunie devant le quartier général du parti au pouvoir. Âgé de 75 ans, celui que l’on surnomme « le crocodile » a promis d’être « le serviteur » du peuple. « Nous voulons la croissance de notre économie, nous voulons des emplois », a-t-il lancé au public, alors que le Zimbabwe connaît un chomage de masse, une crise des liquidités et un endettement croissant.

Cet ancien pilier de l’appareil sécuritaire a également remercié l’armée qui, suite à son limogeage, est intervenue dans la nuit du 14 au 15. Il a reconnu avoir été « en contact permanent » avec les chefs de l’armée pendant la crise. Vêtu d’un costume bleu roi, il a salué la foule le poing levé après avoir été présenté comme « le président du Zimbabwe ». Son investiture doit avoir lieu vendredi.

Investiture ce vendredi

M. Mnangagwa, 75 ans, a été évincé du gouvernement le 6 novembre et poussé à l’exil après un bras de fer avec la première dame, Grace Mugabe, 52 ans, qui avait ainsi réussi à écarter son rival dans la course à la succession de son mari.

Son retour avait été annoncé hier, sur la ZBC, la chaîne publique. « L’investiture du camarade Mnangagwa est prévue vendredi », a affirmé mercredi 22 novembre le site du groupe audiovisuel public ZBC.

« Le président du Parlement fera l’annonce » mercredi, avait annoncé mardi le porte-parole de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. « Le vice-président évincé Mnangagwa, que le comité central du parti a adoubé, devrait être celui qui prêtera serment en tant que président pour une période de 90 jours », avait poursuivi Simon Khaya-Moyo.

Il « devrait rentrer dans les vingt-quatre heures » au Zimbabwe, avait ajouté le porte-parole du parti, ce qu’a confirmé l’un de ses proches mercredi matin. « Il se rendra ensuite au quartier général du parti pour faire le point, puis au bureau de la présidence pour faire un autre point », a précisé son assistant personnel.

Avant de rentrer à Harare, Emmerson Mnangagwa a d’abord rendu visite à Jacob Zuma, fidèle allié de Robert Mugabe. Les deux hommes ont immortalisé tout sourire leur poignée de main, a relayé mercredi midi la communication du gouvernement sud-africain :

Emmerson Mnangagwa, redoutable sécurocrate surnommé « le crocodile » pour son caractère impitoyable, avait déjà été nommé dimanche président de la Zanu-PF en remplacement de Robert Mugabe, qui l’avait démis de ses fonctions le 6 novembre. Son limogeage, sur fond de rivalité avec l’ex-première dame Grace Mugabe, avait été le déclencheur de la crise ayant conduit à la chute du vieux président de 93 ans.

L’armée appelle à « la retenue »

Si Emmerson Mnangagwa vient à être nommé ce mercredi président pour 90 jours, « il reviendra au Parlement d’élire la personne qu’il souhaite à la présidence jusqu’aux prochaines élections », a précisé le porte-parole du parti. Avant la crise politique, les élections générales étaient prévues pour 2018.

L’armée a appelé mardi les Zimbabwéens à « la plus grande retenue » et au « respect de la loi », alors que la démission de Robert Mugabe suscitait des scènes de liesse dans le pays. « Au vu des derniers développements dans le pays, les forces de défense et de sécurité veulent appeler les Zimbabwéens de tous bords politiques à faire preuve de la plus grande retenue et à pleinement respecter la loi et l’ordre », a déclaré le chef de l’état-major de l’armée, Constantino Chiwenga.

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