Zimbabwe : explosion de joie dans les rues d’Harare après la démission de Robert Mugabe

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Zimbabwéens célèbrent la démission de Robert Mugabe, à Harare, ce mardi 21 novembre. © Ben Curtis/AP/SIPA

La démission de Robert Mugabe a été annoncée ce mardi au Parlement zimbabwéen, alors que les députés étaient réunis pour débattre de la procédure de destitution de celui qui était à la tête du pays depuis 37 ans. Revivez les heures qui ont suivi la démission du président zimbabwéen.

 • « Moi Robert Mugabe remets formellement ma démission. » La lettre de démission de Robert Mugabe a été lue par le président de l’Assemblée nationale ce mardi en fin d’après-midi, déclenchant une vague de joie dans l’hémicycle.

• Cette démission intervient après une semaine de trouble, après l’intervention de l’armée, qui a investi Harare dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre.

• Robert Mugabe, d’abord placé en résidence surveillé, a été exclu de son parti, la ZANU-PF. Il a ensuite, dans un premier temps, refusé de démissionner.


20 h – [PORTRAIT] Qui est Emmerson Mnangagwa, l’homme qui a fait tomber Robert Mugabe ?

Le 8 novembre, deux jours après avoir été limogé de la vice-présidence, Emmerson Mnangagwa avait lancé cette promesse depuis l’Afrique du Sud : « Vous et votre cohorte allez quitter la Zanu-PF par la volonté du peuple, et nous allons vous y pousser dans les semaines qui viennent ! » Portrait de celui qui, à 75 ans, est en passe de devenir le nouvel homme fort du pays.

>> LIRE – Zimbabwe : qui est Emmerson Mnangagwa, l’homme qui a fait tomber Robert Mugabe ?


19h45 – « J’ai hâte de rentrer chez moi »

Wilf Mbanga est rédacteur en chef du journal d’opposition The Zimbabwean, imprimé en Afrique du Sud et au Royaume-Uni. Déclaré ennemi du peuple par le gouvernement zimbabwéen, le journaliste s’était installé dans le sud de l’Angleterre pour continuer à gérer sa publication. Il va désormais pouvoir rentrer au Zimbabwe, comme il l’a annoncé sur Twitter après l’annonce de la démission de Robert Mugabe.


19 h 30 – [VIDÉO] Retour en images sur un moment historique

A peine la démission de Robert Mugabe a été annoncée au Parlement zimbabwéen, que les habitants de Harare sont descendus dans les rues pour manifester leur joie et célébrer cette date historique qui marque 37 ans de règne. Revivez ces quelques minutes historiques en vidéo :

 


19 h 20 – Morgan Tsvangirai, opposant historique : « Une renaissance »

Morgan Tsvangirai, à harare ce mardi 21 novembre, lors d'un meeting de l'opposition avant le débat au Parlement. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

« Je suis sûr que le peuple du Zimbabwe regardera ce jour avec une forme de nostalgie, parce que c’est quelque chose que les Zimbabwéens ont espéré ces cinq dernières années », a déclaré à la BBC Morgan Tsvangirai, ancien Premier ministre devenu l’opposant historique à Robert Mugabe. « Ce changement a été très difficile à atteindre, à cause du système mis en place », insiste celui qui prévoyait, pour l’élection présidentielle de 2018, de s’allier avec Joice Mujuru, ex-vice-présidente de Robert Mugabe, tombée en disgrâce en 2014.

Morgan Tsvangirai, qui qualifie ce jour de « renaissance » pour le pays, estime qu’ « à l’image de notre indépendance en 1980, cela restera comme un moment historique. »


19 h 15 – « C’est une soirée historique pour le Zimbabwe »

L’ambassade américaine à Harare a souligné « une soirée historique pour le Zimbabwe » insistant sur le fait que « peu importe les arrangements à court terme que le gouvernement adoptera, le chemin à suivre devait être celui d’élections libres et équitables ».

Rex Tillerson, secrétaire d’État, avait affirmé vendredi que le Zimbabwe avait devant lui « une opportunité dans s’engager dans un nouveau chemin: un qui inclura des élections démocratiques et le respect des droits de l’Homme ». 


18 h 40 – [ANALYSE] Le vieux lion Mugabe, la panthère Grace et le crocodile Mnangagwa

Comment, en une semaine, celui que beaucoup le voyaient mourir sur son trône de président tant il avait fini par croire que cette fonction était gagnée à vie, est-il finalement tombé ? Et surtout, avec l’arrivée probable d’Emmerson Mnangagwa qui entend désormais s’imposer comme le nouvel homme fort, quels sont les scénarios possibles pour les jours à venir au Zimbabwe ? Retour sur une semaine historique à lire ici :

>>> A LIRE : Zimbabwe : le vieux lion Mugabe, la panthère Grace et le crocodile Mnangagwa


18h30 – Scènes de liesses dans les rues d’Harare

Dès l’annonce de la démission de Robert Mugabe, Harare a résonné de klaxons et de cris de joie. Les habitants descendent dans les rues au cri de « Freedom » – « Liberté » -, chantent, dansent… TV5 Monde a diffusé quelques images de cette joie des Zimbabwéens de voir partir un président qui tenait le pouvoir depuis 37 ans.

 


18h20 – « La démission de Robert Mugabe offre au Zimbabwe l’opportunité de se forger une nouvelle voie sans l’oppression qui a caractérisé son pouvoir »

La Première ministre britannique Theresa May a rapidement réagi à l’annonce de la démission de Robert Mugabe estimant dans un communiqué que le départ du chef d’État, au pouvoir depuis 37 ans, « offre au Zimbabwe l’opportunité de se forger une nouvelle voie sans l’oppression qui a caractérisé son pouvoir ». « Ces derniers jours nous avons vu le désir du peuple zimbabwéen d’avoir des élections libres et équitables pour reconstruire l’économie du pays avec un gouvernement légitime » a-t-elle ajouté.


18 h 15 – [Interview] « Le limogeage de son vice-président par Mugabe a été le coup de trop »

« On assiste aujourd’hui à l’aboutissement d’une logique d’affrontements entre factions. Ce sont des luttes très anciennes que, jusque-là, Robert Mugabe avait toujours su arbitrer, dressant les rivaux les uns contre les autres » expliquait la semaine dernière à Jeune Afrique Daniel Compagnon, spécialiste du Zimbabwe au Centre d’étude d’Afrique noire (CEAN).  « Lorsqu’il a renvoyé le vice-président Emmerson Mnangagwa, le 6 novembre, la machine s’est déréglée. La réaction de la haute caste militaire, dirigée par le chef d’état-major Constantino Chiwenga, est une riposte destinée à empêcher que la purge se poursuive, tout en bloquant l’irrésistible ascension vers le pouvoir de la première dame, Grace Mugabe. Ce limogeage était le coup de trop. »

>>> A LIRE – « Le limogeage de son vice-président par Mugabe a été le coup de trop »


18 h – « Le Roi est parti. Longue vie au Roi. » Les premières réactions…

Quelques minutes après l’annonce de la démission de Robert Mugabe par le président de l’Assemblée nationale, Tendai Biti, opposant à Robert Mugabe et ancien ministre des Finances dans le gouvernement de Morgan Tsvandirai (2008-2013) a été un des premiers à réagir sur Twitter avec un simple « Le Roi est parti. Longue vie au Roi », pour célébrer le départ du chef d’État de 93 ans.

 

 

Leader de la contestation anti-Mugabe, le pasteur Evan Mawarire s’est dit très ému par la nouvelle. « La voyage a été long et dur mais nous l’avons fait » a-t-il commenté sur Twitter. Chef de file du mouvement de contestation citoyen « This Flag » et instigateur de plusieurs manifestations antigouvernementales en 2016, qui avaient pour objectif de dénoncer la corruption, Evan Mawarire avait été arrêté à plusieurs reprises au cours des deux dernières années.

 

 


17 h – « Moi Robert Mugabe remets formellement ma démission »

« Moi Robert Gabriel Mugabe (…) remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat », a déclaré le président de l’Assemblée nationale zimbabwéenne, Jacob Mudenda, en lisant sous les applaudissements la lettre de démission de Mugabe. Il était près de 16h GMT lorsque la nouvelle est tombée, déclenchant un tonnerre de cris et des scènes de liesse dans l’hémicycle.

Les députés étaient réunis pour débattre, justement, de la procédure de destitution de Robert Mugabe, déjà exclu de son parti, la ZANU-PF, une semaine après la prise de contrôle par l’armée de la capitale, dans la nuit de mardi 14 au mercredi 15 novembre.


La foule devant le Parlement du Zimbabwe, avant l'annonce de la démission, qui appelle Robert Mugabe à quitter le pouvoir. © Ben Curtis/AP/SIPA

Assigné à résidence par les militaires, lâché tant par son parti que par les anciens combattants et confronté à des manifestations sans précédent depuis sa prise de pouvoir en 1980, Robert Mugabe avait dans un premier temps refusé de démissionner lors de son allocution télévisée dimanche soir.

Adoubé par la Zanu-PF, Emmerson Mnangagwa, ancien guérillero de 75 ans, est pressenti pour prendre sa succession. Opposé à la prise de pouvoir, le moment venu, de Grace Mugabe, compagne du président, il avait été écarté de ses fonctions de vice-président le 6 novembre avant de prendre la fuite.

Cette annonce intervient alors que les chefs d’État sud-africain et angolais ont annoncé ce mardi leur intention de se rendre dans la capitale zimbabwéenne où ils devaient tenter de trouver une issue à la crise politique.

« Nous avons décidé, moi et le président Jacob Zuma, de nous rendre à Harare demain [mercredi 22 novembre] matin », a déclaré João Lourenço ce mardi, à l’issue d’une réunion d’urgence de la troïka – l’organe de sécurité de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) – qui se déroulait ce mardi à Luanda. Un communiqué final de cette rencontre, à laquelle participaient les chefs d’État sud-africains et angolais, ainsi que le président zambien Edgar Lungu et la ministre ougandaise de la Coopération est-africaine Augustine Mahiga, prend acte « avec une grande inquiétude de la situation politique en cours au Zimbabwe ».

 

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