RDC : l’épiscopat dénombre au moins 56 morts dans des manifestations entre avril et octobre

Par Jeune Afrique avec AFP

Deux évêques congolais, membres de la Cenco et médiateurs des pourparlers politiques en RDC, le 21 décembre 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié lundi un rapport qui présente un bilan d'"au moins" 56 morts lors des manifestations contre le pouvoir de Joseph Kabila.

L’épiscopat congolais a présenté lundi un rapport sur les violences lors des manifestations de l’opposition et des mouvements citoyens, entre avril et octobre, contre le maintien au pouvoir de Jospeh Kabila, dont le mandat a pris fin le 20 décembre 2016. Basé sur le travail de 200 observateurs déployés sur le terrain pendant les manifestations, l’étude menée par la Cenco fait état d' »au moins 56 morts, dont 52 par balle,  un(e) par gaz lacrymogène, et trois policiers tués par les manifestants ».

La Cenco n’a pas manqué de mettre en cause les forces de l’ordre congolaises. « L’usage disproportionnel de la force par la police et les autres services spécialisés de l’État est à la base d’au moins 98,67% de cas de violation des droits humains, alors que les manifestants sont responsables des actes de vandalisme (pour) 1,33% (des cas) », assure-t-elle dans le rapport. L’influent épiscopat congolais a par ailleurs invité les manifestants à « éviter tout acte pouvant porter atteinte à l’ordre public ».

Nouvelles manifestations le 28 novembre

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, à critiqué ce rapport, fustigeant le fait que « la Cenco ne donne que le paramètre temps sans préciser les lieux où ces actes ont été posés » avant d’ajouter qu’il pourrait s’agir d' »une intention malveillante ou d’un manque de professionnalisme ».

Les manifestations ont repris mercredi 15 novembre, dans toute la RDC, pour protester contre le calendrier électoral annoncé début novembre par la Commission électorale congolaise (Ceni) qui renvoie les élections au 23 décembre 2018. Si l’agenda de la Commission suit son cours, le président Kabila, au pouvoir depuis 2001, pourrait donc rester en poste jusqu’à début 2019 et l’élection de son successeur comme le stipule l’actuelle Constitution.

Cette première journée de mobilisation s’est déroulée sans accroc majeur. Dix-neuf arrestations ont été recensées, selon un communiqué de la police nationale.  Les forces de l’ordre avaient mis en garde les manifestants, assurant qu’elles se montreraient inflexibles et disperseraient tout attroupement de plus de cinq personnes.

La communauté internationale inquiète

Une attitude et des commentaires jugés « alarmants »  par le Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies,  Zeid Ra’ad Al Hussein. Maman Sidikou, patron de la mission onusienne en RDC, avait d’ailleurs mis en garde le pouvoir congolais, assurant dans un communiqué que la Monusco se réservait « le droit d’observer les événements et de rapporter d’éventuelles violations des droits de l’homme ».  Jeudi, l’Union européenne, les États-Unis, la Suisse et le Canada s’étaient eux aussi déclarés « préoccupés » par l’état des libertés d’expression et de réunion en RDC. L’opposition et des mouvements citoyens, qui réclament le départ du président Joseph Kabila dès la fin de cette année, ont prévu une nouvelle journée de manifestation le 28 novembre.

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