Génocide rwandais : Claude Muhayimana renvoyé aux assises pour complicité

Par Jeune Afrique avec AFP

Claude Muhayimana. © AFP

Accusé d'avoir transporté des miliciens responsables du massacre de Tutsis, le Franco-Rwandais a été renvoyé le 9 novembre devant la cour d'assises pour complicité du génocide au Rwanda en 1994, a-t-on appris lundi.

Pour la troisième fois, la justice française ordonne un procès en lien avec ce génocide qui a fait 800 000 morts au Rwanda en 1994, très majoritairement au sein de la minorité tutsi. Claude Muhayimana a été renvoyé le 9 novembre devant la cour d’assises pour sa responsabilité dans l’attaque en avril de cette même année de l’école de Nyamishaba, dans la préfecture de Kibuye, dans l’ouest du Rwanda. Mais également pour les massacres commis sur les civils tutsis réfugiés dans les collines avoisinantes de Karongi, Gitwa et Bisesero entre avril et juin 1994.

Ancien chauffeur du Guest House de Kibuye, Claude Muhayimana est accusé d’avoir transporté les Interahamwe, ces extrémistes hutu fer de lance du génocide, sur les lieux des attaques.

Le juge a en revanche abandonné les poursuites pour les tueries de masses qui ont fait des milliers de morts le 17 avril dans l’église et l’hôtel Home Saint-Jean de Kibuye, puis le lendemain dans le stade Gatwaro, ainsi que pour le meurtre de collègues de son hôtel.

Le chauffeur a invoqué un alibi qui prouverait son absence sur les lieux une partie du mois d’avril, conduisant le parquet à requérir l’abandon de ces charges fin septembre. La tenue de son éventuel procès est suspendue à l’examen du recours déposé par son avocat contre l’ordonnance du juge.

« Ces non-lieux partiels ne nous satisfont pas car nous avons la conviction que M. Muhayimana était bien sur les lieux de ces grands massacres », a réagi Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui traque les possibles génocidaires.

Réfugié en France

Réfugié en France, dont il a obtenu la nationalité en 2010, Claude Muhayimana avait été arrêté en 2014 à Rouen, où il était employé municipal. Il avait alors été mis en examen dans cette enquête, ouverte en 2013 après une plainte du CPCR.

Quelque 25 dossiers liés aux massacres de 1994 sont instruits au pôle d’enquêteurs et de magistrats spécialisés dans les crimes contre l’humanité. Ce pôle a été créé en 2012 à Paris face à l’accumulation des plaintes concernant ce génocide, dont plusieurs auteurs présumés s’étaient réfugiés en France.

À ce jour, leur travail a débouché sur deux grands procès en France : celui de Pascal Simbikangwa, condamné à 25 ans de prison en appel, et celui de deux anciens maires rwandais, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité et qui ont fait appel.

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