Tunisie : 14 soldats tués lors d’une attaque sur le mont Chaambi

Par Jeune Afrique

Frappes aériennes de l'armée tunisienne sur le mont Chaambi en août 2013. © AFP

Une attaque terroriste sur le mont Chaambi, près de la frontière avec l'Algérie, a tué 14 soldats tunisiens.

Mis à jour le 17 juillet 2014 à 08h59.

C’est dans la région du mont Chaambi que l’armée tunisienne a été une nouvelle fois la cible, jeudi 17 juillet, d’une attaque terroriste. Alors que le dernier bilan faisait état de quatre morts, il s’est alourdi et fait désormais état de 14 soldats tués.

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"Un nouveau bilan des affrontements avec les groupes terroristes fait état de quatre morts dans les rangs de l’armée nationale", avait dit tôt dans la matinée Rachid Bouhoula, chargé de la communication au ministère.

D’autres soldats, au nombre encore indéterminé, ont été blessés et un assaillant a été abattu, avait indiqué Rachid Bouhoula, jeudi à l’aube. "Les opérations d’évacuation des blessés et de traque des terroristes se poursuivent", avait-il ajouté.

Selon la télévision nationale, qui diffusait des chants à la gloire de l’armée, la recherche des victimes a été rendue difficile par le fait que l’attaque s’est produite à la tombée de la nuit.

Un an après l’embuscade meurtrière de 2013

Ces attaques constituent un nouveau coup dur pour l’armée, qui, presque un an jour pour jour, avait déjà été la cible d’une embuscade sur le mont Chaambi, où elle traque depuis décembre 2012 un groupe armé qui serait lié à Al-Qaïda.

Huit soldats avaient été sauvagement tués – certains avaient été égorgés – le 29 juillet 2013 lors de cette attaque qui s’était produite quelques jours après l’assassinat du député de gauche Mohamed Brahmi à Tunis.

Ces violences avaient signé le début d’une crise politique de plusieurs mois, qui ne s’est apaisée qu’en janvier avec l’adoption d’une Constitution, trois ans après la révolution qui a renversé le régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, et le départ du gouvernement mené par les islamistes d’Ennahdha, remplacé par une équipe de technocrates.

Mi-juin, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué pour la première fois de récentes attaques en Tunisie, notamment un assaut contre le domicile du ministre de l’Intérieur qui avait fait quatre morts parmi les forces de l’ordre fin mai.

Depuis le début de l’année, le pouvoir se veut cependant rassurant, soulignant avoir obtenu des succès en tuant notamment certains des principaux suspects des assassinats en 2013 des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi et assurant avoir repris la main dans la lutte contre les groupes armés.

Les autorités reconnaissent toutefois que cette lutte va "prendre du temps".

Malgré des bombardements à répétition à Chaambi, déclaré "zone militaire fermée", les forces de l’ordre n’ont pas réussi à neutraliser le groupe qui a miné le massif montagneux pour ralentir l’avancée des troupes.

Début juillet, quatre soldats ont ainsi été tués dans l’explosion d’une mine lors d’une opération antiterroriste sur le Jebel Ouergha, dans la région du Kef dans le nord-ouest du pays.

(Avec AFP)