« Ceci n’est pas un coup d’État » : petit lexique des renversements de pouvoir

Un barrage des soldats zimbabwéens à Harare, le 15 novembre 2017. © AP/SIPA

Dans la nuit de mardi à mercredi, des militaires zimbabwéens ont indiqué à la télévision publique que leur intervention en cours ne visait que les « criminels » de l'entourage du président Robert Mugabe et qu'il ne s'agissait pas d'un « coup d'État militaire ». Une formule qui rappelle bien d'autres prises de pouvoir sur le continent.

« Les forces de défense du Zimbabwe sont en train de pacifier la situation politique, sociale et économique du pays. » Lorsqu’il apparaît vers 4 heures du matin à la télévision publique ZBC, ce mercredi 15 novembre, le général Sibusio Moyo pèse chaque mot de sa déclaration. « Nous voulons être très clairs sur le fait que nous ne faisons pas un coup d’État », insiste cet officier qui se présente comme le porte-parole de l’armée.

À l’aube, des chars militaires déjà déployés dans la journée du 14 novembre dans les rues de Harare se sont positionnés près du Parlement, y établissant des barrages. Des blindés contrôlent désormais les accès au siège du Zanu-PF, parti au pouvoir, où le président Robert Mugabe réunit habituellement son gouvernement.

La situation dans le pays demeure certes confuse mais se dessinent peu à peu les contours d’une prise de pouvoir par la force qui ne dit pas son nom. Ce qui n’est pas sans rappeler la « révolution pacifique » de Mobutu en septembre 1960 lorsqu’il neutralisa le président congolais Kasa Vubu et son Premier ministre Évariste Kimba, le « devoir national » qui poussa Zine el-Abinine Ben Ali à mettre à l’écart le président tunisien Habib Bourguiba en 1987, ou encore – plus proche de nous – la « seconde révolution populaire » qui porta, une année plus tard, Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir en 2014 en Égypte.

Sur le continent, « ceci n’est pas un coup d’État » reste ainsi un classique des renversements des institutions en place dans bien de pays. Souvenez-vous.

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