Le Somaliland vote pour élire son nouveau président

Par Jeune Afrique avec AFP

Des femmes défilent dans les rues d'Hargeisa, la capitale du Somaliland, le 18 mai 2016, pour les 25 ans de l'indépendance du pays. © Barkhad Dahir/AP/SIPA

Les électeurs de la République autoproclamée du Somaliland votent ce 13 novembre pour élire leur président, avec l'espoir que cette troisième élection démocratique depuis l'indépendance en 1991 renforcera leur quête de reconnaissance internationale.

Trois hommes sont en lice pour présider aux destinées de cette petite République semi-désertique de près de 4 millions d’habitants : Muse Bihi, du parti au pouvoir Kulmiye face à Abdirahman Iro et Feysal Ali Warabe, candidat d’opposition malheureux à la précédente présidentielle de 2010. Le sortant, Ahmed Mohamud Silanyo, a décidé de ne pas se représenter.

Les élections sont censées se dérouler tous les cinq ans mais la sécheresse et des contingences techniques avaient conduit à un report de deux ans du scrutin.

Malgré ce contre-temps, la présidentielle de ce 13 novembre contraste par bien des aspects avec le « processus électoral » qui s’est déroulé en Somalie au début de l’année : le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo », avait été élu par un collège de délégués choisis parmi les différents clans du pays.

Au Somaliland, le scrutin est universel et les 700 000 électeurs inscrits sont identifiés dans les bureaux de vote par un système de reconnaissance biométrique de l’iris de l’oeil, avant de glisser leur bulletin dans l’urne.

Réseaux sociaux bloqués

La Commission électorale a prévenu que l’accès aux réseaux sociaux, notamment Twitter, Facebook, Whatsapp, serait bloqué à partir de la fermeture des bureaux de vote à 18h et jusqu’à une période non précisée. L’organisme souhaite éviter les spéculations sur les résultats et ta indiqué craindre les interférences en provenance des régions voisines.

En amont de l’élection, les trois candidats ont participé à un débat télévisé pour présenter leurs programmes, mettant l’accent sur l’économie et la reconnaissance internationale de la République.

Situé dans le nord de la Somalie, ce petit territoire se distingue du reste du pays par sa stabilité et une composition clanique plus homogène. Mais le Somaliland n’est officiellement reconnu par aucun pays et est toujours considéré par la communauté internationale comme partie intégrante de la Somalie.

Ancienne Somalie britannique, le Somaliland a fusionné avec l’ancienne Somalie italienne à l’indépendance du pays en 1960. Puis il a fait sécession et s’est autoproclamé indépendant en 1991, après la chute de l’autocrate Siad Barre qui allait plonger la Somalie dans la guerre clanique et précipiter l’effondrement de l’État somalien.

Les autorités expriment régulièrement leur amertume face à la non-reconnaissance internationale qui freine selon elles le développement du pays. Le Somaliland ne peut accéder aux prêts de la Banque mondiale ou du FMI, indispensables pour développer des infrastructures.

Mais le territoire parvient tout de même à attirer des investissements étrangers, notamment des pays du Golfe : le Koweït a ainsi financé la rénovation de l’aéroport de la capitale Hargeisa et la société Dubaï Ports World avait été retenue en mai 2016 pour l’extension du port de Berbera dans l’espoir de concurrencer Djibouti pour le transit des conteneurs à destination de l’Éthiopie.

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