Tunisie: nouvelle prolongation de l’état d’urgence pour trois mois

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 10 mai 2017. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Ce vendredi, la présidence a annoncé une énième prolongation de l'état d'urgence, cette fois-ci pour trois mois. Une mesure exceptionnelle qui se poursuit depuis 2015 suite aux attentats jihadistes perpétrés dans le pays.

Après des consultations avec le chef du gouvernement et le président du Parlement, le président de la République a décidé de « prolonger l’état d’urgence sur tout le territoire pour trois mois à compter du 12 novembre », a indiqué la présidence dans un communiqué. En vigueur depuis un attentat contre la garde présidentielle le 24 novembre 2015 en plein Tunis, lors duquel 12 agents de police avaient été tués, l‘état d’urgence a déjà été prolongé plus d’une dizaine de fois depuis février 2016.

Mesures d’exception

Cette mesure octroie des pouvoirs d’exception aux forces de l’ordre. Elle permet notamment l’interdiction des grèves et des réunions « de nature à provoquer (…) le désordre » ou encore l’adoption de mesures « pour assurer le contrôle de la presse ».

La dernière attaque de grande ampleur en Tunisie remonte à mars 2016, lorsque des dizaines de jihadistes avaient attaqué des installations sécuritaires à Ben Guerdane, dans le sud du pays, mais des démantèlements de cellules jihadistes sont régulièrement annoncés.

Le 1er novembre, deux policiers ont été poignardés devant le Parlement par un extrémiste. L’un d’entre eux a succombé à ses blessures et cette attaque a relancé le débat sur un projet de loi dit de « protection » des forces armées (policiers, gendarmes et militaires), très critiqué par la société civile.

Depuis la révolution qui a renversé la dictature en 2011, la Tunisie a dû faire face à un essor de la mouvance jihadiste qui a fait plusieurs dizaines de morts, notamment des policiers, des militaires et des touristes étrangers.

En plus de l’attentat contre la garde présidentielle, deux autres attaques majeures également revendiquées par le groupe État islamique avaient eu lieu en 2015, respectivement à Tunis et à Sousse, dans l’est du pays. Il y a deux ans, soixante personnes, dont 59 touristes étrangers, avaient été tuées.

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