Sénégal : Wari porte à son tour l’« affaire Tigo » devant la Cour internationale d’arbitrage

Tigo au Ghana. © Flickr/Emil Sjöblom/CC

Nouveau rebondissement dans l'affaire qui oppose le groupe sénégalais de transfert d'argent et Millicom : Wari annonce avoir entamé une procédure d'arbitrage international, ce que le groupe luxembourgeois de télécoms a également fait il y a quelques jours.

Quatre jours après un communiqué de Millicom annonçant le dépôt d’une demande d’arbitrage contre Wari auprès de la Cour internationale de la Chambre de commerce internationale de Paris, le groupe sénégalais de transfert d’argent a annoncé ce vendredi, par l’intermédiaire de son agence de communication 35°Nord, avoir lui-aussi entamé une procédure similaire. D’après le communiqué de Wari, deux demandes d’arbitrage auraient été déposées le 3 novembre auprès de la même institution parisienne, dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à l’opérateur luxembourgeois Millicom.

Ces recours constituent le dernier épisode en date dans la guerre – par communiqués interposés – qui oppose les deux sociétés depuis fin juillet, lorsque Millicom a annoncé l’annulation du contrat de vente de Tigo Sénégal, conclu le 7 février avec Wari, moyennant 129 millions de dollars. Dans son communiqué du 31 juillet, l’opérateur luxembourgeois annonçait en outre la cession de Tigo à un consortium contrôlé par Yerim Sow, Xavier Niel et la famille Hiridjee.

Depuis, chaque société estime être dans son droit : alors que Tigo Sénégal assure que le non-respect des échéances de paiement par Wari lui permettait d’annuler la vente en toute légalité, le groupe sénégalais de transfert d’argent assure avoir strictement observé les conditions du contrat de vente.


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Le contenu des recours tenu secret

L’objet, l’intitulé et le contenu précis des recours déposés tant par Millicom que par Wari n’ont pas été dévoilés. Concernant les procédures entamées par le groupe sénégalais, l’une concernerait le groupe Millicom, tandis que la seconde viserait NJJ Capital, la société de Xavier Niel, et Sofima Ltee, d’Hassanein Hiridjee. « Ces deux entités s’étaient rapprochées de Wari après l’annonce de la vente afin de nouer un partenariat, ce qui explique ce second recours », explique simplement une source proche de Wari.

À noter que le Sénégalais Yerim Sow n’est pas mentionné dans cette procédure, Wari estimant dans son communiqué que son apparition dans le consortium « constitue une manœuvre de façade pour apporter à bon compte une caution sénégalaise ».

Cette affaire intervient alors que Millicom se retire progressivement de l’Afrique. En 2016, sa filiale en RD Congo a été cédée à Orange pour 160 millions de dollars, et fin octobre, TMT Finance a annoncé que l’opérateur luxembourgeois est en négociations avec le zimbabwéen Econet, en vue de se séparer de ses autres filiales africaines du Tchad, du Rwanda et de la Tanzanie.

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