Mondial 2018 – Nabil Maâloul : « Il y a une énorme attente du peuple tunisien »

Mohamed Amine Ben Amor (g.) sous le maillot de la Tunisie, lors du match contre le Burkina Faso lors de la CAN 2017 à Libreville. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Samedi à Radès, la Tunisie peut se qualifier pour la Coupe du Monde 2018, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2006. Les Aigles de Carthage, en ballottage (très) favorable, accueillent la Libye, déjà éliminée. Nabil Maâloul, le sélectionneur tunisien, connaît trop bien les risques face à ce genre de situation pour ne pas les ignorer.

Presque douze ans après sa dernière participation à une phase finale de Coupe du Monde, achevée au soir du premier tour en Allemagne, la Tunisie touche du doigt l’objectif suprême. Première du groupe A avec trois points d’avance sur la RDC, qui recevra dans le même temps la Guinée, elle validera sa qualification en cas de victoire, de match nul et même de défaite, si les Léopards se révélaient incapables de dominer le Syli National à Kinshasa. Mais un large succès de la RDC, combiné à une défaite des Aigles de Carthage, pourrait envoyer les champions d’Afrique 2004 dans les cordes. Une issue que Nabil Maâloul, revenu aux affaires quatre ans après un premier passage sur le banc tunisien, souhaite à tout prix éviter.

Jeune Afrique : La Tunisie a le vent dans le dos : première au classement, différence de buts favorable, calendrier avantageux. Bref, tout ce qu’il faut pour aborder sereinement l’ultime rendez-vous face à la Libye. Et pourtant, cela a tout d’un piège…

Nabil Maâloul : Absolument. Ce match, il faudra l’aborder avec 100 % de concentration, de motivation. Ceux qui pensent que ce sera facile, sous prétexte que la Libye est éliminée, se trompent.

La Libye est une bonne équipe, qui voudra jouer le jeu jusqu’au bout et cherchera donc à nous poser un maximum de problèmes. Les États-Unis, par exemple, étaient en position favorable le mois dernier pour se qualifier, mais ils ont perdu à Trinité-et-Tobago (1-2), qui était pourtant hors-course. Et c’est le Panama qui s’est qualifié.

Cela, je vais le rappeler à mes joueurs lors de la préparation de ce match. Ce sera un combat, il ne faut surtout pas prendre notre adversaire à la légère. Ce serait une terrible faute. Attention au piège.

Rien n’est fait. Il faut battre la Libye, car les Congolais, qui ne lâcheront rien, joueront le jeu jusqu’au bout

Avant les deux matches face à la RDC fin août et début septembre (2-1, 2-2), vous étiez au coude-à-coude avec les Léopards. Le point obtenu à Kinshasa a-t-il fait basculer les choses de votre côté ?

Sans doute. A Kinshasa, nous sommes menés 0-2 à douze ou treize minutes de la fin, et nous obtenons un match nul qui nous donne trois points d’avance sur notre principal concurrent, à deux journées de la fin. Le match remporté en Guinée (4-1, le 7 octobre) a confirmé ces points pris face à la RDC.

Mais aujourd’hui, rien n’est fait. Il faut battre la Libye, car les Congolais, qui ne lâcheront rien, joueront le jeu jusqu’au bout.

Votre équipe semble avoir davantage pris conscience de ses qualités ces derniers mois. Votre retour sur le banc en est-il la principale raison ?

Mes prédécesseurs, Georges Leekens et Henri Kasperczak, ont fait du bon travail, je tiens à le souligner. Ils n’ont pas eu les résultats escomptés. Lorsqu’on m’a rappelé, quatre ans après ma démission, je n’ai pas hésité. J’ai appelé ou rappelé quelques nouveaux joueurs et appliqué mes méthodes.

Je veux de la discipline dans le groupe. Pour moi, c’est indispensable. Ensuite, j’ai voulu que mon équipe pratique un football offensif, axé sur la possession du ballon.

Je veux que la Tunisie utilise ses qualités. Nous disposons de joueurs techniques. Le match remporté au mois de juin contre l’Egypte lors des qualifications pour la CAN 2019 (1-0) est une référence. On produit du jeu, les joueurs progressent mentalement.

Je suis revenu pour aider le football de mon pays à progresser

Ressentez-vous une pression exacerbée à l’aube de ce match décisif ?

Il y a une énorme attente du peuple tunisien. Le football, en Tunisie, est une véritable passion. Depuis le titre de champion d’Afrique obtenu en 2004 et notre présence en Coupe du Monde 2006, nos supporters attendent quelque chose. Aller en Russie, ce serait évidemment extraordinaire.

Je pense que nous en avons les qualités. Je suis revenu pour aider le football de mon pays à progresser. Nous sommes l’une des rares sélections africaines à s’appuyer sur une majorité de joueurs évoluant en Tunisie, ce qui prouve que le niveau de notre championnat est plutôt de bonne qualité.

L’Etoile sportive du Sahel et le Club Africain, deux pourvoyeurs d’internationaux, ont été sèchement éliminés en demi-finales des coupes africaines. Craignez-vous un impact sur les joueurs concernés ?

Il était de notre responsabilité d’y veiller, lors du stage organisé avec les internationaux locaux, du 30 octobre et 3 novembre. Les joueurs concernés ont été affectés, ce qui est normal. Mais le calendrier est tel qu’il faut vite se replonger vers le prochain objectif…

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