Gohou, Tawamba, Bandé… ces footballeurs africains qui brillent dans les ligues européennes moins médiatisées

Lors d'un match entre le BSC Young Boys Bern et le FK Partizan Belgrade, à Bern, le 14 septembre 2017. © Peter Klaunzer/AP/SIPA

Ils sont africains, rarement internationaux, n’évoluent pas dans des championnats du Top 5 européen, mais leurs statistiques attirent l’attention...

Ils s’appellent Gohou, Tawamba ou Bandé, sont camerounais, ivoirien ou burkinabè, et flambent dans des ligues européennes moins médiatisées que celles d’Espagne, d’Angleterre ou de France.

Gérard Gohou (Côte d’Ivoire)

FC Kairat Almaty (Kazakhstan)

Dimanche, Gérard Gohou (28 ans) a inscrit contre le FC Aktobe (3-2) son vingt-quatrième but de la saison. L’attaquant ivoirien du FC Kairat est depuis presque quatre ans un des meilleurs réalisateurs du pays. Cet ancien international des moins de 23 ans, né à Gagnoa et révélé à la JC Abidjan, a beaucoup voyagé depuis son départ de la capitale économique ivoirienne. Le Maroc (Hassania Agadir), la Suisse (Neuchâtel Xamax), la Turquie (Denizlispor, Kayseri), la Russie (FC Krasnodar) et donc le Kazakhstan, où ses statistiques – 92 buts toutes compétitions confondues – signifient forcément quelque chose. Il y a un peu plus d’un an, Toulouse (France, Ligue 1) avait étudié son profil. Dans son nouveau pays d’accueil, Gohou, qui rêve de jouer pour les Éléphants,  touche un salaire confortable, estimé à 2 millions d’euros annuels, hors primes.


Léandre Tawamba (Partizan Belgrade) lors d'un match contre le Dynamo Kiev, à Belgrade, en Serbie, le 28 septembre 2017. © Darko Vojinovic/AP/SIPA

Léandre Tawamba (Cameroun)

Partizan Belgrade (Serbie)

Son parcours ressemble à celui de beaucoup de joueurs africains. Né à Yaoundé en décembre 1989, Léandre Tawamba vit actuellement avec le prestigieux Partizan Belgrade, qu’il a rejoint en début d’année, les meilleurs moments de sa carrière avec ses douze buts toutes compétitions confondues, dont huit en championnat, le dernier samedi contre Macva Sabac (3-1). Au Cameroun, l’ancien attaquant de l’Aigle Royal de Menoua et de l’Union Douala s’était construit une petite réputation, assez pour attirer l’attention du FC Cape Town. Son bref passage en Afrique du Sud effectué, Tawamba s’est ensuite exilé vers la Slovaquie (Nitra, Ruzomberok), la Libye, le temps d’un passage éclair à Al-Ahly Benghazi, de nouveau vers la Slovaquie (Moravce), et même au Kazakhstan, où il a côtoyé quelques mois un certain Gérard Gohou. Jamais appelé en sélection nationale A mais seulement chez les moins de 20 ans, Tawamba compte évidemment sur ses performances serbes pour attirer l’attention d’Hugo Broos, le sélectionneur des Lions Indomptables. Ou de son successeur…


Boureima Hassane Bandé (Burkina Faso)

FC Malines (Belgique)

Il y a encore quatre mois, personne ou presque ne connaissait ce jeune attaquant alors âgé de 18 ans, formé à Salitas et repéré par les réseaux belges du FC Malines, un club de la classe moyenne du championnat de Belgique. Aujourd’hui, son nom n’est plus un mystère pour ceux qui suivent de près le football européen. Bandé, qui a eu 19 ans le 30 octobre dernier, est le meilleur buteur de la Jupiler Pro League. Il a récidivé samedi dernier face à Courtrai (2-0) pour la huitième fois de la saison. Paulo Duarte, le sélectionneur portugais du Burkina Faso, n’avait pas attendu cette nouvelle performance pour le convoquer avec les Étalons pour la première fois de sa jeune carrière professionnelle. Le natif de Ouagadougou retrouvera la ville qui l’a vu grandir à l’occasion du match face au Cap Vert, en qualifications pour la Coupe du monde 2018, le 11 novembre. Les Burkinabé, dont les chances de voir la Russie l’été prochain sont infimes, préparent déjà l’avenir…


Moussa Marega (FC Porto) lors d'un match contre le RB Leipzig, à Porto le 1er novembre 2017. © Luis Vieira/AP/SIPA

Moussa Marega (Mali)

FC Porto (Portugal)

Moussa Marega est un taiseux. L’attaquant malien du FC Porto est invisible dans les médias, qu’il évite aussi consciencieusement. Par contre, son expression favorite – marquer des buts – est récurrente, et plus particulièrement depuis qu’il fréquente le championnat portugais. Né aux Ulis (Île-de-France), auteur de passages assez prometteurs dans des clubs semi-professionnels (Le Poiré-sur-Vie, Amiens), égaré quelques mois à l’Espérance Tunis, celui que les supporters du FC Porto surnomment « pieds de brique » a complètement explosé depuis son arrivée au Portugal. À Maritimo, il s’est suffisamment fait remarquer pour que le FC Porto, un des trois plus grands clubs du pays, l’incite à quitter l’Île de Madère. Prêté la saison dernière à Guimaraes, où son efficacité ne s’est pas démentie, l’Aigle s’est de nouveau posé chez les Dragons. Actuellement quatrième meilleur réalisateur de la Liga NOS (8 buts), Marega éprouve en revanche davantage de difficultés en sélection nationale, avec laquelle il n’a marqué qu’un seul but en 13 matchs depuis 2015.


Harlem Gnohere (Steaua Bucarest) lors d'un match contre le Hapoël Beer-Sheva, à Bucarest, le 2 novembre 2017. © Vadim Ghirda/AP/SIPA

Harlem Gnohere (Côte d’Ivoire)

Steaua Bucarest (Roumanie)

L’hiver dernier, le Franco-Ivoirien avait animé le mercato hivernal roumain, en passant du Dinamo Bucarest au Steaua Bucarest, les deux plus grands clubs du pays, dont les relations sont historiquement tendues. Cette saison, Harlem Gnohéré (29 ans) est avec 10 buts le joueur le plus efficace du championnat, un total auquel il faut ajouter les deux inscrits en Ligue Europa. Originaire de Paris, formé à Troyes, cet attaquant puissant a ensuite rejoint la Suisse, et surtout la Belgique, qu’il a sillonnée en long, en large et en travers (cinq clubs). En 2015, Gnohéré s’est laissé attirer par la Roumanie, un championnat moins relevé mais plus rémunérateur. Il n’y a pas égaré ses qualités de finisseur, qui sont scrutées par quelques clubs plus huppés que le Steaua.

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