Cameroun : la BAD salue des progrès, le FMI souligne le ralentissement de la croissance

Par Jeune Afrique

Centre ville de Yaoundé (Cameroun), devant la Primature. © Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

la politique économique et financière de Yaoundé a été passée au crible par les deux institutions financières internationales. Si la BAD salue les progrès réalisés en matière de développement, le FMI encourage le gouvernement à « poursuivre ses efforts », notamment en matière de gestion de la trésorerie.

Deux institutions financières internationales viennent de publier leurs conclusions quant à la situation économique du Cameroun : la Banque africaine de développement (BAD), qui lui a consacré le 2 novembre sa Revue synthétique des résultats, et le FMI, dont les équipes viennent d’achever une mission dans le pays.

Si l’instance africaine salue sur les efforts déployés par Yaoundé pour stimuler la croissance, déployer les services sociaux et développer ses infrastructures, l’institution de Bretton Woods insiste sur « la nécessité de mettre en œuvre sans retard des mesures pour renforcer le secteur financier, améliorer le climat des affaires pour favoriser l’investissement du secteur privé et la diversification de l’économie, et atteindre une croissance plus inclusive ».

« Tous les critères de réalisation quantitatifs établis dans le programme pour fin juin 2017 ont été remplis. En outre, tous les repères structurels jusqu’à fin octobre ont été mis en œuvre, à l’exception de deux repères. Les autorités ont également mis en œuvre des mesures visant à accroître les recettes, à améliorer la transparence de l’exécution du budget, à renforcer la gestion de trésorerie et à maintenir la stabilité du secteur financier », note cependant la chef de mission, Corinne Deléchat, en référence au programme triennal de Facilité élargie de crédit, signé en juin entre le Cameroun et le FMI.

Un nouveau décaissement de 116,3 millions de dollars en décembre ?

L’institution s’était alors engagée à verser au pays un crédit de 666,2 millions de dollars (595,2 millions d’euros), dont 171,3 millions déboursés immédiatement, pour l’aider à redresser une économie mise à mal par la chute des cours du pétrole.

Mi-décembre, le conseil d’administration du FMI doit examiner la première revue de cet accord, qui pourrait permettre le décaissement d’une nouvelle tranche d’aide pour un montant de 116,3 millions de dollars. Cette décision sera « facilitée » si le gouvernement se conforme aux recommandations de l’institution, notamment en matière de limitation des nouveaux emprunts, en particulier les emprunts non concessionnels, « pour préserver la viabilité de la dette ».

Selon les analystes, qui ont salué les progrès accomplis par le Cameroun dans le cadre de la Cemac pour l’harmonisation des finances publiques, la limitation de l’utilisation des procédures budgétaires exceptionnelles et l’établissement d’une stratégie visant à accroître la couverture du compte unique du Trésor, la croissance devrait atteindre 4,5 % en 2016 et 3,7 % en 2017, l’inflation devrait rester faible et le déficit budgétaire diminuer de moitié, passant de 6,2 à 3,1 %.

D’importants progrès en matière de développement

La BAD souligne quant à elle les « progrès significatifs » obtenus en matière de développement dans un pays qui reste « le poumon économique de la région » : selon sa Revue synthétique des résultats, la production agricole du pays a doublé, permettant à près de 4,6 millions d’agriculteurs de voir leurs revenus augmenter de 15 %, la liaison routière entre la zone fertile de Bamenda au Cameroun et Enugu au Nigeria faisant passer le temps de déplacement de plusieurs jours à quelques heures et augmentant les revenus des commerçants et agriculteurs alentours, l’utilisation de l’internet a été multipliée par 10 depuis 2005 et le plan national d’expansion de la production et de la transmission d’électricité – que soutient de la BAD -, 2,7 millions de Camerounais bénéficieront en 2018 d’un meilleur accès à l’électricité.

L’institution africaine relève également quelques points faibles sur lesquels des efforts sont nécessaires, notamment en matière de création d’emplois, de simplification des formalités administratives ou encore de facilitation des prêts aux entreprises.

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