Salva Kiir : « Le Soudan est la source d’armes qui vont au Soudan du Sud »

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président sud-soudanais Salva Kiir, le 18 août 2017 à Kigali, au Rwanda. © Eric Murinzi/AP/SIPA

Le président sud-soudanais Salva Kiir, en visite à Khartoum, a accusé jeudi le Soudan d'être une « source d'armes » utilisées dans la guerre civile qui déchire son pays depuis quatre ans et fait des dizaines de milliers de morts.

« S’il y en a un qui peut accuser l’autre, c’est moi qui peux accuser le Soudan », a déclaré Salva Kiir lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue soudanais Omar el-Béchir. « Le Soudan est la source d’armes qui vont au Soudan du Sud et nous causent des problèmes ».

Le but de cette visite de deux jours du président sud-soudanais à Khartoum est officiellement d’aplanir des différends frontaliers et économiques entre les deux pays.

Khartoum et Juba s’accusent  mutuellement de soutenir des rebelles actifs dans l’autre pays. Le Soudan assure que son voisin du sud aide des insurgés dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. Tandis que Juba estime que Khartoum soutient les partisans de l’ancien vice-président sud-soudanais exilé, Riek Machar, dans la guerre civile qui les opposent à ceux de Salva Kiir.

« Les gens de Riek Machar qui ont fui le Soudan du Sud sont venus ici (au Soudan). Je peux donner leurs noms tout de suite », a dit Salva Kiir jeudi devant son homologue soudanais. Riek Machar est également venu à Khartoum cette année pour suivre un traitement médical.

« Nous avons décidé de ne plus soutenir aucun mouvement »

La guerre au Soudan du Sud s’est déclenchée en 2013, deux ans après l’indépendance du pays. Depuis, plus de 450 000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan, selon l’ONU. Khartoum estime toutefois le nombre des réfugiés sud-soudanais sur son sol à 1,3 million.

Lors de la conférence de presse, Omar el-Béchir a fait valoir que son pays avait cessé d’interférer dans les affaires internes des pays voisins, après avoir soutenu des mouvements d’opposition au Tchad, en Éthiopie et en Érythrée.

« C’étaient les habitants frontaliers des deux côtés qui en payaient le prix en terme d’insécurité, c’est pourquoi nous avons décidé de ne plus soutenir aucun mouvement et d’adopter une approche positive de coopération avec ces pays », a-t-il affirmé.

La veille, à l’arrivée à Khartoum de son homologue sud-soudanais, le président Soudanais avait indiqué que son pays avait « ouvert ses frontières afin d’acheminer de l’aide humanitaire au Soudan du Sud » et qu’il « allait intensifier ses efforts pour la paix » chez son voisin, selon l’agence officielle Suna.

Salva Kiir, qui doit quitter Khartoum jeudi, effectuait sa troisième visite au Soudan depuis la sécession de son pays en 2011.

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