Centrafrique : ouverture à Brazzaville du « Forum pour la réconciliation nationale »

Le chemin de la réconciliation est encore long en Centrafrique. © Jean-Pierre Campagne/AFP

Un "Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique" en Centrafrique se tient à Brazzaville du 21 au 23 juillet. Mais ses participants sont divisés et l'on voit mal comment les négociations pourraient aboutir si rapidement.

Quelque 170 responsables centrafricains du gouvernement, du Parlement de transition, des groupes armés, des partis politiques et de la société civile étaient attendus lundi matin à Brazzaville à l’ouverture du "Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique" qui se tient du 21 au 23 juillet sous l’égide du médiateur congolais Denis Sassou Nguesso. Objectif : "convenir de l’arrêt de toutes les violences", avec la signature d’un "accord de cessation des hostilités, du désarmement des groupes armés et d’un nouveau cadre politique de la transition" qui précéderait un dialogue inter-centrafricain dans le pays et dans les camps de réfugiés, avant un éventuel forum national de réconciliation et de reconstruction en octobre à Bangui.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres tant cette nouvelle tentative de réconciliation nationale, organisée par le groupe de contact international sur la Centrafrique (une trentaine de pays ou organisations internationales), semble mal engagée. Les divisions internes régnant au sein des belligérants, tant de la Séléka que des anti-balaka, compliquent les négociations. Quel interlocuteur sera assez représentatif et influent pour engager un processus de paix solide ?

Depuis son exil de Cotonou au Bénin, Michel Djotodia a été récemment réélu à la tête de la Séléka mais il reste "personna non grata" pour la communauté internationale. Noureddine Adam, le n°2 des ex-rebelles, est quant à lui sous le coup des sanctions de l’ONU… Selon nos informations, la délagation de la Séléka devrait être dirigée par Moussa Dhaffane, accompagné de Abdoulaye Hissene, Mahamat Taib Yavoub et Moustapha Sabone, le frère d’Abakar Sabone.

>> Lire : Djotodia a-t-il roulé tout le monde dans la farine ?

De leur côté, la classe politique et la "société civile" sont, elles, partagées sur l’opportunité d’aller à Brazzaville, certains réclamant que la réunion se tienne à Bangui. Des questions qui risquent "de peser sur sa réussite et sur la mise en œuvre des décisions qui seront prises" à Brazzaville, estime Thierry Vircoulon, directeur du programme Afrique centrale du cercle de réflexion International Crisis Group.

Plusieurs partis politiques et chefs religieux centrafricains – toutes confessions confondues – ont déjà annoncé leur refus de se rendre à Brazzaville, jugeant plus opportun d’organiser le forum dans leur pays. L’interventionnisme des pays de la région pour tenter de régler la crise est mal vécu, qu’il s’agisse du Gabon ou du Tchad, qui ont abrité des sommets n’ayant rien arrangé, ou encore du Congo, dont le président Denis Sassou Nguesso assure la médiation pour la crise centrafricaine au nom de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

À côté de ses pairs des pays voisins, la présidente de transition de la Centrafrique, Catherine Samba Panza, qui a confirmé sa présence à Brazzaville, en est réduite à un rôle de figurante. "Le refus de certains d’aller à Brazzaville exprime un rejet ou une critique de cette gestion par la région", considérée comme une mise sous tutelle qui a échoué jusqu’à présent, commente Vircoulon. Les pays voisins, eux, manifestent leur exaspération face à une classe politique centrafricaine qu’ils jugent indigente.

(Avec AFP)
 

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