Gabon : convoqué à la gendarmerie, le vice-président du Sénat invoque son immunité parlementaire

Par Jeune Afrique

Le Sénat, à Libreville. © Creative Commons / Wikipedia

Convoqué à la gendarmerie après avoir appelé - sur TV5 Monde - à contrer le président Ali Bongo « sur le terrain », le sénateur gabonais Jean-Christophe Owono Nguema a refusé de s'y rendre.

Il avait prévenu qu’il ne se rendrait pas à la gendarmerie de Libreville, où il était convoqué pour avoir appelé à « contrer le président Ali Bongo sur le terrain ». Ce lundi 30 octobre, le vice-président du Sénat gabonais Jean-Christophe Owono Nguema a au moins honoré sa promesse et préféré ignorer cette convocation, comme l’a confirmé à Jeune Afrique une source proche de l’opposition, qui a requis l’anonymat.

 

 

Dans une vidéo postée par ses partisans sur les réseaux sociaux, Jean-Christophe Owono Nguema, sénateur proche du parti Union nationale (UN, opposition), a déclaré qu’il ne se rendrait pas à la Direction régionale de recherches (DGR), l’organe de renseignement de la gendarmerie nationale, en raison de son immunité parlementaire.

La DGR « pourra utiliser ses propres moyens » s’il ne se présente pas à sa convocation, a prévenu le procureur de la République, Steeve Ndong Essame, qui ajoute que le « flagrant délit » permet une levée de l’immunité parlementaire.

Mais, tempère notre source proche de l’opposition, « dès lors que son immunité n’a pas été levée, personne n’en ayant d’ailleurs fait la demande, cette immunité tient toujours ».

Révision de la Constitution

Lors d’un entretien à TV5 Monde le 19 octobre, Jean-Christophe Owono Nguema avait appelé à « contrer le chef de l’État sur le terrain » et dénoncé la « monarchisation » du Gabon, en référence au projet de révision de la Constitution qui agite la classe politique gabonaise depuis une semaine.

Adopté fin septembre en Conseil des ministres, le texte, qui modifie une quarantaine d’articles sur 119, doit être débattu au Parlement dans les semaines à venir.

Il porte notamment sur la détermination des rapports entre le président et le gouvernement en cas de cohabitation, le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement ou encore la création d’une Cour de justice de la République pour juger les hauts responsables de l’État.

Il met en application les actes du « dialogue politique » souhaité par l’exécutif pour tourner la page de la présidentielle de 2016, marquée par des violences post-électorales encore présente dans tous les esprits.


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Le scrutin a abouti à la réélection du fils de l’ancien président Omar Bongo, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009. Un résultat contesté par l’opposition qui considère toujours son leader, Jean Ping, comme le président élu.

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