Ouganda : Bobi Wine, « le président du ghetto », dénonce à son tour une tentative de corruption

Bobi Wine, le "président du ghetto" vient de faire son entrée au Parlement Ougandais. © Vidéo Reuters

Comme d'autres députés ougandais d'opposition, Bobi Wine affirme avoir reçu une coquette somme d'argent, officiellement pour "frais de fonctionnement", en échange, selon lui, de la promesse de supprimer dans la Constitution la limite d'âge de 75 ans à la présidentielle, ce qui permettrait à Yoweri Museveni de se représenter.

Comme d’autres députés ougandais avant lui la semaine dernière, le célèbre élu d’opposition Bobi Wine a dénoncé ce qu’il qualifie de tentative de corruption en faveur du président sortant Yoweri Museveni.

Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, affirme avoir reçu du Parlement, comme les autres députés, la somme de 29 millions de shillings, soit environ 7 000 euros, pour voter le retrait de la clause constitutionnelle qui limite à 75 ans l’âge d’un candidat à la présidentielle.

L’indéboulonnable président ougandais, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, est aujourd’hui âgé de 73 ans. Il aura donc largement dépassé cette limite d’âge lorsque le pays tiendra son prochain scrutin présidentiel, en 2021.

Une somme versée pour « frais de fonctionnement »

Cette somme de 29 millions de shillings a été versée à tous les députés ougandais le 24 octobre dernier pour « frais de fonctionnement », officiellement pour mener des « consultations » dans leurs circonscriptions.

Le chanteur et opposant, qui se fait appeler « le président du ghetto », annonce avoir demandé à sa banque de renvoyer le versement à l’expéditeur. « Les Ougandais ont clairement indiqué il y a longtemps qu’ils étaient opposés à une présidence à vie, écrit Bobi Wine dans un post Facebook. Ils ne souhaitent pas que la Constitution soit trafiquée de quelque façon que ce soit ».

Le 25 octobre, au lendemain du versement, six députés s’étaient présentés au Parlement avec des sacs pleins de billets pour dénoncer l’octroi à chaque élu de cette somme. Selon l’un d’entre eux, Ibrahim Ssemuju, « il n’y a absolument aucun doute que cet argent a été envoyé par Museveni pour influencer notre position sur l’abrogation » de l’âge-limite dans la Constitution.

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