Togo : à Tsévié, le parti au pouvoir tient son premier congrès ordinaire

Le président togolais Faure Gnassingbé, à Lomé, le 25 avril 2015. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Le chef de l’Etat togolais a lancé samedi matin à Tsévié (30km de Lomé) le premier congrès ordinaire d’Union pour la République (Unir), son parti lancé il y a un peu plus de cinq ans sur les cendres du RPT.

Son intervention était attendue par quelque 4 000 délégués venus de toutes les régions du pays et de la diaspora. Faure Gnassingbé a procédé, samedi 28 octobre, à l’ouverture d’un congrès historique dans la vie d’Union pour la République, le parti au pouvoir. « Anciens ou nouveaux, nous sommes aujourd’hui tous militants d’Unir et nous voulons le bien du Togo », a notamment indiqué le chef de l’Etat, président du parti, dans son discours.

Longuement ovationné par des militants acquis à sa cause, Faure Gnassingbé visiblement détendu, a lancé un appel à l’unité de son parti pour « surmonter les difficultés ». Car ce tout premier congrès ordinaire d’Union pour la République intervient dans un contexte particulier. Le Togo traverse en effet une crise politique majeure depuis le 19 août avec des manifestations quasi-hebdomadaires pour « le retour à la Constitution de 1992 » et « le départ de Faure Gnassingbé ».

On peut transformer une chose juste ou alors, un homme simple comme moi en dictateur sanguinaire

Ce dernier n’a pas éludé le sujet, abordant avec ironie les nombreux commentaires de ses détracteurs sur les réseaux sociaux. « Aujourd’hui, ceux qui intoxiquent et mentent ont trouvé un allié dans la technologie. On peut transformer une chose juste ou alors, un homme simple comme moi en dictateur sanguinaire. J’ai découvert que j’étais un dictateur sanguinaire », a-t-il indiqué.

Lancé en 2012 au lendemain de la dissolution du Rassemblement du peuple togolais (RPT, ex-parti unique), le parti Unir a remporté des succès électoraux majeurs (législatives de 2013 et présidentielle de 2015) avec des organes provisoires, faute d’avoir organisé un congrès statutaire. Et dès le début de la crise il y a un peu plus de deux mois, le chef de l’Etat a décidé d’organiser ces assises pour « renforcer la légitimité de la direction du parti, montrer son unité et préparer les échéances futures ».

Nouveau bureau

Les milliers de délégués rassemblés sous le chapiteau dressé pour l’occasion dans le stade Docteur Kaolo de la ville de Tsévié ont donc reçu un cahier des charges très précis de leur président. « Travaillons, travaillez pour que nous puissions nous doter d’une bonne organisation, de bons organes et que nous soyons efficaces au service de notre pays, au service du Togo. Pour nous, c’est ce qui compte le plus », a demandé Faure Gnassingbé aux congressistes.

Alors que nouvelles manifestations de l’opposition sont prévues début novembre dans le pays, les militants d’Unir réaffirment leur soutien au président de la République qui devrait être – sauf surprise – reconduit à la tête du parti à la colombe blanche. Les délégués doivent également élire dimanche un bureau qui selon les indiscrétions, ferait apparaître de nouveaux visages aux côtés des anciens. « Il est très important pour nous de montrer notre unité face à des détracteurs qui enterrent trop vite un parti solidement implanté comme Unir », confie très optimiste un délégué venu d’Atakpamé (160 km de Lomé).

Les manifestations organisées par l’opposition dans plusieurs villes à travers le monde ce samedi sont dans les esprits. « Nous définirons la stratégie de notre parti pour montrer au monde que le chef de l’Etat dispose d’une solide base », confie un cadre très pressé de se retrouver sur le terrain « dès lundi matin ».

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