Maroc : El Hoceima, retour sur un an de contestation en huit dates

Un manifestant à Al Hoceima, le 20 juillet 2017. © Therese Di Campo/AP/SIPA

Triste anniversaire ce 28 octobre. Il y a un an, la mort accidentelle d'un vendeur de poisson a déclenché la plus longue contestation sociale du règne de Mohammed VI.

Voilà un an un jour pour jour que les contestations du Rif ont éclaté. Le 28 octobre 2016, la mort effroyable d’un marchand de poisson a déclenché une colère populaire dans cette région historiquement frondeuse, suivie d’une série d’arrestations parmi les manifestants et de sanctions au sommet de l’État.

Chronologie d’une onde de choc…

28 octobre 2016

Mort de Mouhcine Fikri happé par une benne à ordures alors qu’il tentait d’empêcher la destruction de sa marchandise, confisquée par les autorités. Des manifestations éclatent dans la province d’El Hoceima mais également dans d’autres villes, en protestation contre la « hogra ». Des milliers de Marocains descendent dans la rue. Onze personnes, présumés responsables de ce décès tragique, ont été présentées devant la justice.

22 mai 2017

Une importante délégation gouvernementale se rend à El Hoceima pour y accélérer les projets de développement, l’une des principales revendications des contestataires. À sa tête, le ministre de l’Agriculture et des Pêches, Aziz Akhannouch, et le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.

15 juin 2017

© Therese Di Campo/AP/SIPA

Jusque-là pacifique, le mouvement de contestation, « Hirak », se durcit pour réclamer le développement de la région du Rif. Des affrontements opposent manifestants et policiers à El Hoceima. Des groupes de casseurs blessent des dizaines de membres des forces de l’ordre et incendient une résidence de la police. Soupconnant un financement étranger de ces contestations, les autorités marocaines demandent l’extradition de Said Chaou, un narco-trafiquant rifain résident aux Pays-bas.

25 juin 2017

© AP/SIPA

Le gouvernement se fait sévèrement tirer les oreilles par le roi qui appelle les ministres à assumer leurs responsabilités. Il ordonne l’ouverture d’une enquête sur le retard du projet de développement de la province d’El Hoceima, « El Hoceima : Manarat Al Moutawassit » (El Hoceima, Phare de la Méditerranée), doté d’une enveloppe de 600 millions d’euros.

29 juin 2017

© Youssef Boudlal/Reuters

Arrestation de Nasser Zefzafi après qu’il s’est attaqué à un imam l’accusant d’être à la solde du pouvoir. Il est transféré au siège de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ) de Casablanca avec d’autres têtes pensantes du mouvement du Hirak et accusé de faits lourds dont « l’atteinte à la sécurité de l’État ».

31 juillet 2017

© Hassene Dridi/AP/SIPA

Le roi grâcie une quarantaine de détenus du mouvement sur plus de 150 personnes incarcérées. Le ministère de la Justice précise qu’il s’agit de personnes qui n’ont pas commis de crimes et qui ne sont pas impliqués dans des actes graves. Dans un discours sévère, Mohammed VI pointe du doigt les partis politiques aux abonnés absents et qui « ne remplissent nullement leur mission ».

8 août 2017

© YOUSSEF BOUDLAL/Reuters

Imad El Attabi, un manifestant blessé à la tête après des heurts avec les forces de l’ordre lors d’une manifestation interdite par les autorités le 20 juillet, succombe à ses blessures. Les protestations se poursuivent dans la province d’El Hoceima et environs, réclamant la libération des détenus.

24 octobre 2017

© YOUSSEF BOUDLAL/Reuters

Ouverture du procès de Nasser Zefzafi à la Cour d’appel de Casablanca, lequel est ajourné au 31 octobre. Plusieurs autres membres du Hirak, dont quelques uns avaient observé une grève de la faim, comparaissent devant le même tribunal. Un autre groupe de rifains avait été jugé devant le tribunal d’El Hoceima quelques mois auparavant. Certains ont été condamnés à de lourdes peines.

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