Infographie : les Américains en Afrique, une guerre pas si secrète

Des soldats tchadiens, nigériens et américains s'entraînent lors d'un exercice au Tchad, en 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Près de 5 000 Américains dépendant du département de la Défense sont aujourd'hui déployés en Afrique. Militaires ou contractuels civils, ils sont avant tout affectés à la lutte contre le terrorisme, comme au Niger, au Cameroun ou dans la région des Grands lacs. Le point en infographie.

Nous sommes le 4 octobre 2017. Washington est en ébullition, la Maison-Blanche en alerte, les journalistes accrédités sur les dents. Quatre soldats américains viennent d’être tués au Niger, en compagnie de quatre militaires nigériens, avec qui ils effectuaient une patrouille à la frontière avec le Mali. Beaucoup découvrent alors la présence américaine sur le sol nigérien.

L’armée américaine y a pourtant déployé plus de 800 hommes (contre 575 en décembre 2016, dont certains ont déjà été blessés, selon une source sécuritaire), en soutien de la lutte contre les jihadistes au Sahel et des armées locales et françaises. Les Américains comptent même ouvrir une base aérienne dans la région d’Agadez, dans le nord du pays. Coût : une cinquantaine de millions de dollars. Objectif, occuper cette place centrale entre le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et la Libye, où ils effectuent d’ores et déjà des frappes aériennes.

Renseignement, formation, pilotage de drones… Au Sahel comme dans le bassin du lac Tchad, notamment au Cameroun, où plus de 300 militaires sont déployés (contre 285 en décembre 2016), les Américains sont présents dans tous les secteurs, à l’instar des Français, avec lesquels ils collaborent. Le 4 octobre, ce sont d’ailleurs les forces aériennes de l’opération Barkhane qui ont été appelées en soutien de la patrouille attaquée par les jihadistes à la frontière malienne.

« Contre-terroristes »

Le président américain Donald Trump, comme son prédécesseur Barack Obama, ne s’y est pas trompé : l’Afrique est un des terrains de la lutte contre le terrorisme pour les États-Unis. Le 6 juin 2017, dans une lettre au Congrès, il détaillait ainsi les différents théâtres d’intervention « contre-terroristes » nécessitant la présence de troupes.

Afrique de l’Est, Djibouti (où les États-Unis entretiennent plus de 2 000 hommes dans le camp Lemonnier), Libye, bassin du lac Tchad (face à Boko Haram), Ouganda, Soudan du Sud, RDC, Centrafrique (contre la Lord’s Resistance Army) ou encore Égypte étaient, fort officiellement, au programme. Si on ne sait pas encore si Donald Trump mettra le pied sur le continent africain durant son mandat, ses troupes, elles, y sont déjà comme chez elles.

 

Découvrez dans l’infographie ci-dessous les effectifs américains (militaires et civils sous contrat avec le département de la défense) dans chaque pays, ainsi que les principaux théâtres d’intervention.

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