RDC : l’ambassadrice américaine Nikki Haley était dans le Nord-Kivu avant de rencontrer Kabila

Par Jeune Afrique avec AFP

Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU, lors d'une visite à des déplacés à Kitchanga, dans le Nord-Kivu. © DR / Département d'État américain

Pour sa visite de 48 heurs en RDC, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU a choisi de se rendre jeudi dans la province troublée du Nord-Kivu. Elle doit ensuite s'entretenir ce vendredi à Kinshasa avec le président Joseph Kabila.

« 17 ans de Kabila, 17 ans de misère et de chômage ! Trop c’est trop ! » En prévision de la visite de Nikki Haley, des dizaines d’opposants manifestaient jeudi devant le quartier général de la Monusco à Goma. Certains appelaient également à la « Justice pour Zaida Catalan et Michael Sharp », en référence aux deux experts onusiens, l’une Suédo-Chilienne et l’autre Américain, tués en mars dernier au Kasaï.

Un agenda chargé

Nikki Haley a atterri jeudi matin à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, à bord d’un avion militaire, avant de prendre un hélicoptère de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) pour Kitchanga, à environ 80 km au nord-ouest. Au programme : des discussions avec des responsables de la Monusco et la visite d’un camp de déplacés internes.

Après cette première étape, la diplomate retournera à Kinshasa afin de s’entretenir vendredi avec le président Kabila, les responsables de la Commission électorale, de l’épiscopat congolais et de l’opposition.

Il s’agit pour l’ambassadrice, qui a rang de ministre dans l’administration américaine, de son premier voyage en Afrique. Après s’être rendue en début de semaine en Éthiopie et au Soudan du Sud – où sa visite a été chahutée par une manifestation anti-américaine – elle est arrivée mercredi soir à Kinshasa pour une visite de deux jours.

« Un pays tristement célèbre »

Nikki Haley a eu des mots très durs envers le régime de Joseph Kabila, notamment à l’occasion de l’entrée de la RDC au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Elle avait alors fustigé dans un communiqué un pays « connu pour sa répression politique, sa violence faite aux femmes et aux enfants, ses arrestations et détentions arbitraires, ses homicides et disparitions illégales, a été élu pour travailler au sein de l’institution la plus importante pour les droits de l’Homme ».

La diplomate a également accusé le régime de « ne rien faire » pour mettre fin aux tueries de civils dans le Kasaï et d’entraver le processus démocratique dans le pays. Une allusion au calendrier électoral, qui n’a pas encore été rendu public, malgré de multiples pressions de la communauté internationale pour des élections au plus tôt. En vertu de l’accord de la Saint-Sylvestre, le scrutin aurait dû se tenir avant fin 2017, mais la Commission électorale chargée de l’organiser table désormais sur 2019.

La Lucha interpelle les Américains

De leur côté, les militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) ont interpellé jeudi l’ambassadrice américaine sur la nécessité du départ de Joseph Kabila « à la fin de cette année au plus tard, pour laisser place à une transition neutre, dirigée par des personnalités intègres issues de la société civile ». Pour cela, la Lucha demande entre autres au gouvernement américain « d’imposer immédiatement des sanctions ciblées contre le président Joseph Kabila » et ses proches, et « d’initier  et/ou soutenir l’adoption de sanctions similaires au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies ». 

Sur son blog, Herman Cohen, l’ancien « Monsieur Afrique » de George Bush Senior, a jugé que « le point de vue de l’administration Trump sur le régime de Kabila est le même que celui de l’administration Obama : plutôt négatif, avec un fort désir de voir le président Kabila partir paisiblement ».

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