Guptagate : soupçonnée de corruption en Afrique du Sud par les autorités américaines, la société SAP promet de collaborer

Le richissime homme d'affaires Atul Gupta dans les rues de Johannesburg, en septembre 2010. © AP/SIPA

Dans un communiqué publié ce jeudi, SAP affirme sa volonté de coopérer pleinement avec le Département de la justice et la Commission des opérations en Bourse américaine (SEC), qui ont ouvert une enquête sur de possibles cas de corruption impliquant la division sud-africaine du géant allemand des logiciels de gestion d'entreprise.

Le Département de la justice et le gendarme boursier américain poursuivent leur investigation visant SAP, après qu’une enquête réalisée par Baker McKenzie a révélé des manquements dans le travail réalisé par le géant allemand des logiciels de gestion d’entreprise pour le compte de la famille Gupta, rapporte Bloomberg.

L’enquête du cabinet d’avocat Baker McKenzie, commandée par SAP et toujours en cours, a révélé que le groupe allemand avait versé des commissions de près de 6,6 millions d’euros à des entreprises liées aux Gupta, après avoir reçu de l’aide pour décrocher des contrats d’une valeur totale de 660 millions de rands (39,7 millions d’euros) avec deux entreprises publiques sud-africaines, Transnet et Eskom.

Pas de preuve de pot-de-vins

« Les accusations d’actes répréhensibles dans nos affaires en Afrique du Sud ont eu un impact profond sur nos employés, nos clients, nos partenaires et sur le public sud-africain – et nous nous en excusons sincèrement », a annoncé le groupe allemand dans un communiqué publié ce jeudi.

Jusqu’ici, précise le communiqué, l’enquête n’a exhumé aucune preuve de versement de pot-de-vins à des officiels de l’État ou à des employés de Transnet et Eskom, mais a relevé des mauvaises pratiques dans la relation du groupe avec les Gupta.

Procédures disciplinaires et changement de pratiques

SAP précise avoir engagé des procédures disciplinaires contre trois de ses salariés, qui ont été suspendus de leurs fonctions depuis le début de l’enquête.

Le groupe a également annoncé dans son communiqué qu’il allait arrêter de payer des commissions de vente sur les contrats passés avec le secteur public des pays dont l’indice de perception de la corruption (établi par Transparency International, ndlr) est inférieur à 50. Pour rappel, l’Afrique du Sud affiche un indice de 45.

Plusieurs grands groupes, comme Bell PottingerKPMG et McKinsey sont éclaboussés par les « GuptaLeaks », du nom de la fuite de documents concernant la famille Gupta en Afrique du sud, exposée par le amaBhungane Center for Investigative Journalism.

Cette famille, qui a bâti un empire économique en Afrique du Sud allant des médias aux mines, est accusée d’utiliser ses relations avec le président Zuma et sa famille pour faire des affaires. Les Guptas et Jacob Zuma ont nié à plusieurs reprises ces accusations.

Pour rappel, le Foreign Corrupt Practices Act, une loi fédérale américaine de lutte contre la corruption d’agents publics à l’étranger, concerne les entreprises et personnes de toute nationalité si ces dernières sont implantées aux États-Unis, ou si elles sont cotées en bourse dans un État américain, ou encore si elles participent d’une quelconque manière à un marché financier régulé aux États-Unis.

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