Sommet crucial de la Cemac à N’djamena le 30 octobre

Drapeaux des pays membres de la Cemac au siège de l'organisation, à Bangui. © Vincent Fournier/Jeune Afrique/JA

Prévu le 30 octobre prochain à N'djamena, au Tchad, le prochain sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) tentera de relancer une communauté régionale en panne.

En dépit de l’effectivité de la libre circulation, la plupart des autres chantiers de l’intégration sont à l’arrêt : la fusion des deux bourses n’est pas faite ; interrompues en février dernier, les négociations sur les accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne n’ont pas repris. En difficulté budgétaire, les pays-membres œuvrent, avec l’appui technique et financier du FMI, à la reconstitution de leurs réserves de change qui ont fondu à cause, notamment, de la chute des prix du pétrole.

Plusieurs dossiers « existentiels » seront à l’ordre du jours :

La libre circulation des personnes

Le 19 octobre dernier, le gouvernement gabonais a annoncé la suppression des visas pour les ressortissants des pays membres de la Cemac. Tout Camerounais, Centrafricain, Congolais, Équato-guinéen ou Tchadien possédant un passeport d’une validité d’au moins trois mois « n’est plus soumis à l’obligation de visa d’entrée au Gabon pour tout séjour ne dépassant pas les trois mois », selon le texte signé par le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha et le ministre de la Défense, Étienne Massard Makaga.

Après le Tchad et la République centrafricaine, le Gabon est le troisième pays de la Cemac à se conformer à la décision communautaire du 25 juin 2013 relative à la libre circulation dans l’espace Cemac. Le Congo a immédiatement suivi le 23 octobre en supprimant lui aussi les formalités de visa par une note signée du ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou. Ne restent plus que le Cameroun et la Guinée équatoriale qui suivront probablement, compte tenu de la menace de sanctions préconisées par le Comité de pilotage des réformes tenu le 28 septembre dernier à Douala.

Le financement de la Communauté

La Commission de la Cemac est minée par de graves problèmes budgétaires. En effet, plusieurs États ne reversent pas la Taxe communautaire d’intégration, destinée notamment à couvrir les dépenses de fonctionnement de l’organisation. Curieusement, ce prélèvement effectué sur les importations en provenance des pays tiers, à hauteur de 1% des transactions douanières, est collecté mais n’est pas souvent reversé dans les comptes de la Cemac.

Le renouvellement de la Commission

Désigné en février dernier lors du Sommet de Djibloho, en Guinée équatoriale, l’ex-Premier ministre gabonais Daniel Ona Ondo prendra effectivement les rênes de la Commission, les chefs d’État ayant refusé d’accorder un deuxième mandat au Congolais Pierre Moussa. Le mandat du collège des commissaires s’achevant en décembre prochain, leur remplacement fait déjà l’objet d’âpres batailles au sein des différents pays-membres.

À pourvoir, aussi, le poste de directeur général adjoint de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), qui devrait être attribué au Congo, conformément au principe de rotation. L’Équato-Guinéen Rafaël Tung Nsue Bilogo devra céder la présidence de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) à un ressortissant tchadien tandis que le Camerounais Désire-Geoffroy Mbock devra quitter la tête du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique Centrale (Gabac) au profit d’un Centrafricain.

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