Violences en RDC : plus de 4,5 millions de personnes ont fui leurs foyers, selon le HCR

Une femme dans un camp de réfugiés de l'ONU à Bunia, en RDC, en mai 2003. © KAREL PRINSLOO/AP/SIPA/AP/SIPA

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme sur la situation en République démocratique du Congo, où plus de 4,5 millions de personnes -déplacés internes ou réfugiés à l'extérieur du pays - ont dû fuir les violences.

« Le HCR est vivement préoccupé par le déplacement croissant de populations dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, et l’afflux continu de réfugiés vers les pays voisins », a déclaré Adrian Edwards, le porte-parole de l’institution, lors d’une conférence de presse.

Les chiffres du HCR donnent le vertige : 3,9 millions de déplacés internes, 620 000 réfugiés répartis dans plus de 11 pays africains. Et pour faire face, une enveloppe budgétaire de seulement 49,7 millions de dollars, sur les 236,2 millions nécessaires…

Doublement du nombre de déplacés interne en deux ans

En proie à des conflits dans plusieurs provinces, la RDC fait partie des pays les plus affectés au monde par les déplacements de populations. Et la tendance est très clairement à la hausse, si l’on en juge les estimations du HCR. « Durant ces trois derniers mois, environ 428 000 individus ont fui leurs foyers, s’est alarmé Adrian Edwards. Depuis 2015, le nombre de déplacés internes a plus que doublé. »

Une hémorragie causée par la myriade de conflits en cours dans le pays. Dans l’est du pays, la province de Tanganyika connaît ainsi des affrontements récurrents entre Lubas et Pygmées et l’ethnie Twa, qui ont forcé près de 584 000 personnes à fuir leurs foyers.

Autre théâtre de violences : les provinces troublées du Nord et du Sud-Kivu, dans le nord-est du pays, où sévissent une multitude de milices armées. Les exactions envers les civils ont contraint plus de 300 000 personnes à trouver refuge en Ouganda ou en Tanzanie, après avoir traversé le Burundi. À elles seules, les deux provinces abritent plus de 1,5 million de déplacés internes.

Un niveau d’urgence identique à la Syrie, au Yémen et à l’Irak

Le HCR s’inquiète également de la situation dans la région des deux Kasaï (centre du pays), où « dans de nombreuses zones, l’accès humanitaire vient seulement de devenir possible ».

« En date du 23 octobre, plus de 710 000 personnes étaient rentrées, trouvant souvent leurs habitations en ruines et des membres de leur famille tués », a précisé Adrian Edwards.

Un tableau effrayant, qui a incité l’agence onusienne et ses partenaires à relever le niveau d’urgence à son maximum. « Cette décision permet de déployer des ressources supplémentaires pour faire face à la crise », explique à Jeune Afrique Andreas Kirchhof, porte-parole du HCR en RDC. Et de préciser que seuls trois pays dans le monde sont actuellement dans cette configuration : Syrie, Yémen et Irak.

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