Madagascar : la justice ordonne la libération de deux journalistes

Par Jeune Afrique

Le trafic du bois de rose continue à Madagascar. © AFP

La libération de deux journalistes malgaches, accusés de diffamation et détenus depuis le 21 juillet, a été ordonnée vendredi par un tribunal d’Antananarivo. La décision de justice fait suite au retrait de la plainte.

Le directeur de la publication de Madagacar Matin, Jean-Luc Rahaga, et son rédacteur en chef, Didier Ramanoelina, ont été arrêtés lundi 21 juillet pour "diffamation publique et délit de presse". Trois ministres avaient porté plainte contre eux après la publication par le journal d’un courrier de lecteur accusant trois ministres d’être impliqués dans un trafic de bois de rose.

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Le procès a eu lieu mercredi 23 juillet et le verdict était attendu vendredi 25 juillet. Entre temps, les ministres concernés ont annoncé jeudi soir à la presse le retrait de leur plainte. Le ministre chargé des Infrastructures, Rivo Rakotovao, a expliqué qu’ils avaient accédé à une demande du président Hery Rajaonarimampianina, après avoir reçu des excuses du journal.

Le même jour, le président a d’ailleurs appelé à l’apaisement, rappelant que la presse était libre à Madagascar, tout en demandant aux journalistes de "faire attention aux informations qui risquent de conduire au conflit, à la haine, qui risquent de causer des problèmes pour la réconciliation", alors que le pays sort d’une longue crise politique.

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La justice a ordonné vendredi 25 juillet la remise en liberté immédiate des deux prévenus. "Le tribunal ordonne l’extinction de l’action publique", a indiqué le juge en charge de l’affaire.

Le bois de rose est au coeur d’un trafic très lucratif et prohibé, essentiellement destiné à l’Asie. Le président Hery Rajaonarimampianina avait fait de la fin de ces exportations illégales l’une de ses priorités quand il est arrivé au pouvoir en janvier. Sans grand succès pour le moment.

(Avec AFP)