Meurtre de la journaliste maltaise : un réseau italo-libyen soupçonné

Par Jeune Afrique

Le 18 octobre 2017, à Bruxelles, une marche en hommage à Daphne Caruana Galizia, journaliste maltaise assassinée. © Virginia Mayo/AP/SIPA

Un réseau de trafiquants de carburant opérant entre la Libye, Malte et l'Italie pourrait être lié à l'assassinat de la journaliste d'investigation Daphne Caruana Galizia, morte dans l'explosion de sa voiture, à Malte, la semaine dernière, a révélé au Guardian un procureur italien.

Le procureur général de Sicile Carmelo Zuccaro a confié au Guardian qu’il n’excluait pas la possibilité que des personnes visées par une enquête sur un trafic de carburant entre la Libye, Malte et l’Italie soient responsables du meurtre de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, tuée le 16 octobre à Malte par une charge d’explosifs placée dans sa voiture.

Les procureurs italiens en charge de l’enquête estiment que ce trafic représentait l’équivalent de 30 millions d’euros de carburant sur les 12 derniers mois. L’argent généré aurait été transféré aux Émirats-Arabes-Unis, via des sociétés écrans tunisiennes, selon les enquêteurs italiens.

Le carburant de contrebande provenait d’une raffinerie à Zawyia, en Libye. Il était ensuite envoyé à Malte, avant d’être expédié en Italie, en Espagne et en France, selon les enquêteurs italien interrogé par le Guardian.

Milice libyenne

Selon les procureurs italiens, le chef présumé de ce réseau a été arrêté à Tripoli en août. Il est soupçonné d’avoir dirigé une milice libyenne qui entretenait des liens avec la compagnie pétrolière nationale libyenne et qui s’adonnait aux trafic d’armes et d’êtres humains.

Le procureur a précisé que la journaliste avait déjà enquêté sur ce réseau, et qu’elle avait cité dans ses articles des personnes visées par l’enquête italienne.

« Enquête internationale »

Coïncidence ou pas, quelques jours après le meurtre de la journaliste, les autorités italiennes ont réalisé une série d’arrestations dans le cadre de cette enquête ouverte depuis plusieurs mois. Aucune des personnes arrêtées n’a pour l’instant été accusée d’être impliqué dans l’assassinat de la journaliste.

De son côté, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a demandé mardi une « enquête internationale » pour élucider cet assassinat, rapporte l’AFP.

Daphne Caruana Galizia dénonçait depuis une décennie, dans des journaux et sur son blog Running Commentary, la corruption et le blanchiment d’argent dans le milieu politique maltais.

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