RDC : le divorce entre Vital Kamerhe et Pierre Kangudia est consommé

Vital Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale en RDC et leader de l'Union pour la nation congolaise (UNC), le 20 août 2013 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Au lendemain de l'annonce de son retrait du gouvernement par son parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, Pierre Kangudia a indiqué ce mardi qu'il ne démissionnera pas de son poste de ministre d'État en charge du Budget.

« C’est un coup très dur pour Vital Kamerhe », admet un conseiller du président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). Vingt heures après la décision du parti de retirer son délégué du gouvernement, l’intéressé refuse d’obtempérer. Dans une conférence de presse organisée à Kinshasa, Pierre Kangudia, ministre d’État en charge du Budget, a indiqué qu’il ne démissionnera pas de son poste.

Pierre Kangudia a ainsi décidé de passer outre la décision de son vieil ami et leader politique. « Je refuse, pour satisfaire les intérêts égoïstes et personnels de certaines personnes, de créer inutilement une crise au sein du gouvernement qui va à coup sûr fragiliser les membres du gouvernement issus de l’opposition », a déclaré cet ancien directeur de cabinet de Kamerhe, lorsque celui-ci était président de l’Assemblée nationale (2006-2009).

A-t-il créé son propre parti politique, comme certains l’affirment au sein de l’UNC ? Kangudia répond par le négatif. Une certitude : dans l’état-major de la formation politique, quelques lieutenants sont prêts à suivre le ministre dans sa nouvelle aventure, en témoigne ce cliché partagé ce mardi par un journal kinois d’actualite.cd.

 

 Entre le parti et le gouvernement

Alors que dans l’entourage de Vital Kamerhe, on maintient qu’une concertation avait eu lieu avec le ministre d’État avant la décision du parti, ce dernier dit n’avoir « pas été consulté » et dénonce même un « acharnement sur [sa] personne ».

D’après nos informations, cela fait pourtant plusieurs semaines que Vital Kamerhe a fait part de ses intentions à celui qui était jusqu’ici secrétaire national de l’UNC en charge des relations avec les partis et du suivi des alliances.

« [Pierre Kankudia] était d’accord » pour quitter le gouvernement, croit savoir un proche de Vital Kamerhe qui dit avoir assisté à la dernière rencontre entre les deux hommes. Toujours est-il que le ministre prétend de son côté avoir été mis, ce jour-là, devant le fait accompli.

« Ce lundi 23 octobre 2017, vers 12 heures 30 minutes, accompagné de quatre membres de mon cabinet, j’ai été reçu en audience par le président de mon parti [Vital Kamerhe] en sa résidence (…) pour m’informer de sa décision de me retirer à tout prix du gouvernement », explique le ministre.

« Comme il [Kamerhe] tenait à rendre public ce retrait à 18 heures 30 minutes, il m’a accordé ce délai pour rédiger et déposer ma démission », ajoute Kangudia qui dit n’avoir pas apprécié que, par la suite, cette décision ait été livrée très rapidement à la presse après une validation « de façon cavalière par la direction politique nationale du parti, convoquée de manière sélective à cet effet ».

Finalement, entre le parti et le gouvernement, Pierre Kangudia a choisi de conserver son poste de ministre d’État. Un épilogue qui rappelle les départs fracassants de quelques autres cadres politiques de l’opposition qui n’ont jamais pu résister aux sirènes du pouvoir.

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