Alerte attentat à Dakar : les Américains ont-ils crié au loup ?

Un groupe de policiers sénégalais à Dakar, le 22 février 2013. © Rebecca Blackwell / AP / SIPA

L’affaire fait grand bruit au Sénégal : mercredi, l’ambassade des États-Unis a adressé un message d’alerte à ses ressortissants, leur indiquant d’éviter les endroits « fréquentés par des Occidentaux » dans la capitale sénégalaise, en raison d’un risque d’attentat jugé « crédible ». Une crédibilité qui est cependant remise en cause par plusieurs sources à Dakar.

Dans un message adressé mercredi 18 octobre à l’ensemble de ses ressortissants présents sur le territoire sénégalais, l’ambassade américaine a demandé à ces derniers de se montrer « vigilants » lorsqu’ils se rendent dans « des établissements et hôtels fréquentés par des Occidentaux ». Les personnels directement rattachés à l’ambassade se sont, eux, vu interdire de se rendre dans les hôtels qui donnent sur la mer. En cause ? Une « menace crédible liée à une potentielle activité terroriste à Dakar ».

À l’origine de cette alerte américaine, un renseignement venu de Guinée-Conakry selon lequel un attentat aurait lieu sous peu dans un hôtel de Dakar, nommément désigné. Renseignement qui, d’après les sources de Jeune Afrique, portait même sur la date programmée de ce projet d’attentat.

Le communiqué américain n’a évidemment pas manqué de trouver un large écho dans la presse sénégalaise. Le Quotidien faisait sa Une ce vendredi matin sur « l’alerte américaine », évoquant les « menaces terroristes crédibles » dont elle serait le signe. L’Obs, journal du groupe de médias de Youssou Ndour, annonce pour sa part un « projet d’attentat déjoué », et met en garde contre la « menace terroriste ».

Crédibilité discutée

Sauf que les Français résidant au Sénégal ont, eux, reçu sur leur portable un SMS pour le moins énigmatique, le jour même de la diffusion du communiqué américain : «  Sécurité : seuls les messages émanant de l’ambassade de France à Dakar sont à prendre en considération ».

Selon une source diplomatique française, ce message était une manière pour l’ambassade de France, où la source de l’information est jugée « très peu crédible », de prendre ses distances avec l’alerte américaine. « Eux aussi sont sceptiques, affirme à JA ce diplomate. Mais leur jurisprudence les oblige à faire diligence auprès de leurs ressortissants en cas de soupçon. Au risque de déstabiliser tout un pays, comme c’est le cas aujourd’hui. »

Un officier sénégalais des services de renseignement rejoint cette analyse. « Cette information non recoupée portant sur un attentat daté et localisé n’a pas été jugée fiable » par les Sénégalais, a-t-il expliqué.

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