Cameroun : S&P maintient la note de la dette souveraine et prévoit une croissance « solide »

Place du 20 mai, de nuit dans la ville de Yaoundé, au Cameroun. © Photo de Renaud Van Der Meeren pour les Éditions du Jaguar

Standard &Poor's a confirmé la note de « B » avec perspectives stables à la dette souveraine à long et à court terme de la République du Cameroun. L'agence de notation prévoit également une croissance de 4,5% pour 2018, contre 4% cette année.

Dans son communiqué, l’agence de notation justifie le maintien des notes « B » (catégorie très spéculatif) attribuée à la dette souveraine à long et à court terme du Cameroun par des « prévisions de croissance solides dans le pays et de consolidation budgétaire progressive au cours de l’année prochaine. »

Standard & Poor’s ajoute que la croissance robuste du PIB réel va perdurer dans les prochaines années, « stimulée par la mise en œuvre de vastes projets d’investissements ». Estimée à 4% du PIB en 2017, la croissance devrait grimper à 4,5% en 2018 et 4,9% en 2019, selon l’agence.

Hausse de la production gazière

La hausse de la production gazière prévue à partir de 2018 et l’augmentation des prix du pétrole devraient, selon S&P contribuer à la réduction des déficits budgétaire et courant du pays. Respectivement estimés à 4,3% et 3% du PIB en 2017, ces ratios devraient descendre à 3,5% et 2,6% en 2020.

Quant à la dette publique, elle devrait passer de 30,1% du PIB cette année, à 33% d’ici la fin 2020, selon les projections de l’agence.

L’appartenance du pays à la Cemac (Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale) permet « d’atténuer les risques extérieurs et de contenir l’inflation », peut-on lire dans le communiqué. L’agence de notation salue les programmes d’aide signés entre le FMI et certains pays de la zone mais souligne toutefois que la flexibilité monétaire du pays s’en trouve limitée.

Risques politiques

Ces bonnes perspectives sont contrebalancées, selon l’agence, par « les risques politiques entourant la succession à la présidence, la faiblesse du revenu par habitant et l’augmentation de la dette publique et de la dette extérieure, principalement libellées en devises ».

L’agence s’inquiète plus particulièrement de la stabilité politique, compromise par la « centralisation marquée du pouvoir décisionnel et le processus de succession à la présidence ». Elle pointe également la situation tendue dans la zone anglophone et la menace de Boko Haram.

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